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19 septembre 2022

Quel est l’état de la Grande Barrière de Corail ?

Il s’agit donc là d’une beauté naturelle exceptionnelle, selon les propres dires de l’UNESCO, qui offre quelques-uns des paysages les plus grands et les plus spectaculaires du monde, que ce soit vu du ciel ou de la mer. Sans parler de la diversité de cette Grande Barrière et de son importance dans la préservation de la biodiversité qui s’y trouve, jusqu’alors foisonnante.

Mais cela fait de nombreuses années maintenant que les scientifiques alertent sur l’état de la Grande Barrière de Corail. Car elle se dégrade, au fil du temps, dû au réchauffement climatique. Ce qui met aujourd’hui en péril non seulement la Grande Barrière, mais aussi toutes les espèces qui y trouvent refuge où qui viennent s’y alimenter…

Faisons le point sur cette merveille de la nature, aujourd’hui menacée pour apprendre à protéger et préserver la Grande Barrière de Corail.

Tout savoir de la grande barrière de corail

Le plus grand récif corallien du monde

Les chiffres concernant le récif corallien donnent le tournis.

D’abord, parce qu’il s‘étend sur pas moins de 348 000 km² et ce, depuis le littoral et jusqu’à 250 km en pleine mer. On peut donc aussi bien trouver des coraux en bordure de plage qu’à 2 000 mètres de profondeur. Et les récifs coralliens sont (encore) nombreux, puisqu’on en compte entre 2 500 et 3 000, de taille et de type différents.

Mais la Grande Barrière de Corail ne comprend pas que des récifs coralliens. On y trouve aussi des îles et tout un écosystème, composé de nombreuses espèces. Selon l’UNESCO, environ 400 espèces de coraux, 1 500 espèces de poissons, 4 000 espèces de mollusques et presque 240 espèces d’oiseaux ont été recensées dans la Grande Barrière de Corail. Sans oublier une grande diversité d’éponges, d’anémones, de vers marins, mais aussi de crustacés… Une diversité qui fait sa richesse mais aussi sa complexité (source UNESCO).

Qu’est-ce que le corail ?

Le corail, tel que nous le connaissons aujourd’hui, existe depuis environ 485 millions d’années. Visuellement, l’on pourrait comparer les coraux à de petits arbres aquatiques à fleurs, fixés sur les rochers. Mais bien que cela ait fait l’objet d’un débat entre les scientifiques pendant de nombreuses années, le corail n’est pas une plante, mais bien un petit animal.

Aussi appelé polype, le corail prend la forme d’une « mini » anémone de mer. Il en existe différentes espèces, qui peuvent être, soit solitaire, soit vivre en colonie. Pour les coloniaux, les coraux développent alors une sorte de squelette commun, pour devenir la base fondatrice des récifs coralliens que l’on peut observer. Récifs coralliens qui constituent eux-mêmes la Grande Barrière de Corail.

Le corail peut aussi être dur, mou, ou encore faux… Et au-delà de ses caractéristiques, le corail, lorsqu’il se constitue en récif, devient un écosystème incroyable et complexe. Il offre un abri à de nombreuses espèces de poissons, de mollusque ou de crustacés. C’est aussi là que de nombreuses espèces aquatiques viennent se faire soigner auprès d’autres espèces…

Le corail est donc un élément indispensable à l’équilibre de la vie sous-marine.

Comment s’est formée la grande barrière de corail ?

Avant de se demander comment s’est formée la Grande Barrière de Corail, il convient de se demander quand s’est formée la Grande Barrière de Corail ? Car figurez-vous que celle-ci est bien plus ancienne que la formation des récifs que nous connaissons actuellement, datant de 6 000 ans. En effet, la Grande Barrière de Corail s’est constituée il y a 20 000 ans ! Cela en fait le plus ancien récif corallien du monde.

Depuis qu’elle est apparue, la Grande Barrière de Corail a traversé pas moins de quatre ères glaciaires. C’est le changement de climat entre les différentes périodes glaciaires et interglaciaires, ayant engendré alternativement la montée et la baisse des eaux, qui a permis l’émergence des récifs coralliens qui se sont développés.

Sous l’eau, les récifs coralliens, dont la Grande Barrière de Corail, ont pu se développer. Puis, au cours de la période glaciaire suivante, le niveau de la mer a baissé, entraînant la transformation des récifs coralliens en collines calcaires. Ensuite, se sont formées des rivières entre ces collines et la côte. Au cours de la période interglaciaire, le niveau de l’eau a de nouveau augmenté, créant des îles et des bancs de sable.

Par conséquent, la Grande Barrière de Corail a été façonnée par le changement climatique, les changements du niveau de la mer et l’érosion générée par les vents.

Quel est le rôle de la Grande Barrière de Corail ?

La Grande Barrière de Corail joue un rôle essentiel pour les océans, les espèces aquatiques, mais plus globalement pour la planète !

D’abord parce que les récifs coralliens sont des puits de carbone naturels. C’est-à-dire qu’ils absorbent le CO², généré en grande partie par les activités humaines. Chaque année, les récifs coralliens absorbent entre 70 et 90 millions de tonnes de carbone par an ! De cette façon, les récifs coralliens réduisent l’effet de serre et donc le réchauffement climatique.

De plus, les coraux absorbent l’énergie des vagues, notamment lorsqu’il y a de forts courants ou des tempêtes. Ils permettent ainsi de réduire l’érosion des côtes et de préserver le littoral.

Enfin, la Grand Barrière de Corail a aussi un rôle à jouer pour notre futur à tous. Car c’est là que l’on trouve de nombreux invertébrés marins comme les éponges et les mollusques qui sont une source sérieuse dans la conception de nouveaux médicaments. Sans oublier que depuis de nombreuses années, c’est également une source de revenus (parfois la seule) pour les populations locales qui vivent de la pêche traditionnelle.

Un écosystème à la biodiversité très riche

Nous l’avons dit précédemment, les récifs coralliens constituent des écosystèmes riches et complexes et contribuent donc à la préservation de nombreuses espèces marines. Rien que dans la Grande Barrière de Corail, on ne trouve pas moins de 25 % des espèces marines mondiales.

Et ce ne sont pas que des espèces aquatiques, mais aussi des oiseaux, et d’autres espèces qui s’y nourrissent. Au total, on peut observer plus de 6 000 espèces d’animaux, marins ou non, près de la Grande Barrière de Corail.

Chaque espèce est donc interdépendante des autres, c’est un écosystème équilibré et à la fois fragile, notamment à cause des menaces qui pèsent sur la Grande Barrière de Corail.

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Pourquoi la journée de la Terre est plus importante que jamais ?

Quelles sont les menaces qui pèsent sur la Grande Barrière de Corail ?

Malgré tous les bienfaits qu’elle apporte, la Grande Barrière de Corail est en danger.

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Le réchauffement climatique à l’origine du blanchissement de la grande barrière de corail

C’est un phénomène que l’on constate depuis plusieurs années maintenant : le blanchissement de la Grande Barrière de Corail. Si naturellement, les coraux affichent de nombreuses couleurs vives, plus le temps passe et plus les couleurs se fanent.

Cela s’explique par le réchauffement climatique et donc le réchauffement des eaux. Ce phénomène provoque chez le corail, l’expulsion des algues symbiotiques, qui lui donne ses jolies couleurs. Une fois que toutes les algues symbiotiques ont été expulsées, le corail devient blanc.

Aujourd’hui, le corail et encore en mesure de retrouver ses couleurs tout au long de l’année car les températures de l’eau peuvent baisser, mais plus le temps passe, plus les températures augmentent et plus les dégâts sur les coraux sont irréversibles.

La pollution menace le récif corallien

Une autre des menaces qui pèse sur la Grande Barrière de Corail, c’est la pollution. Et encore une fois, une pollution provoquée par les activités humaines, car ce sont les produits destinés à l’agriculture qui ont le plus d’impact sur la Grande Barrière de Corail.

Une fois répandus, ces produits se retrouvent dans l’eau, ce qui en impacte la qualité. Les produits chimiques ayant le plus d’impact sur les coraux sont les pesticides, qui affectent grandement leur croissance.

Le tourisme de masse et ses dangers pour la grande barrière

Enfin, le tourisme de masse est lui aussi, un fléau pour les coraux. Car qui dit tourisme de masse, dit urbanisation. De nombreux hôtels et résidences se sont développés dans la zone où se trouve la Grande Barrière de Corail, qui est devenue une attraction touristique.

Cela entraîne fatalement une artificialisation des sols, qui accentue le ruissellement des eaux jusqu’à la côte et accélère l’érosion du littoral. La quantité de sable sur les plages diminue et les vagues entraînent plus facilement les sédiments vers les lagons. Tout cela nuit au bon développement des coraux.

Mais l’érosion du littoral provoque également une hausse du niveau de la mer. Une hausse qui menace les mangroves, des forêts aquatiques qui se situent le long du littoral. Dans ces mangroves se trouve de la nourriture en abondance, mais aussi des abris pour de nombreuses espèces marines. Si les mangroves disparaissent, de nombreuses espèces disparaîtront avec elles.

C’est pourquoi il est temps d’agir pour la protection de la Grande Barrière de Corail et pour restaurer les récifs coralliens qui sont déjà affectés !

Comment protéger la Grande Barrière de Corail ?

 

Réduire nos émissions de CO²

Puisque le réchauffement climatique, qui entraîne le réchauffement des mers, est engendré par le trop-plein d’émissions de gaz à effet de serre, c’est sur cela qu’il faut agir en priorité. Il faut donc réduire de façon drastique nos émissions de CO² au niveau mondial. Cela aura des bénéfices sur la Grande Barrière de Corail, tout comme sur de nombreuses ressources naturelles, en réussissant à ne pas dépasser la barre de 1,5 °C de réchauffement climatique.

Cela passe par des accords politiques, comme l’accord de Paris. Mais les solutions peuvent également venir de nos changements d’habitudes : moins et mieux consommer, mieux voyager, plus local, faire des économies d’énergie…

Restaurer les récifs dégradés

Préserver la Grande Barrière de Corail c’est aussi restaurer les récifs coralliens qui souffrent aujourd’hui de la pollution et des changements climatiques.

L’Institut Océanographique explique dans un article comment cela est rendu possible : « […] en transplantant du corail d’un site à un autre (ex situ), ou en le cultivant sur place (in situ), un fragment de corail peut reformer une nouvelle colonie. […] Les chercheurs développent aujourd’hui de nouvelles méthodes basées sur l’évolution assistée, en sélectionnant les espèces ou les souches de coraux résistantes aux vagues de chaleur, et en les réimplantant pour reformer des récifs variés. Ils tentent aussi de récolter gamètes, œufs, larves de coraux, et de les disséminer sur le récif, par exemple avec des moyens aériens. Les herbiers marins et les mangroves peuvent aussi être restaurés, en les replantant ou en les cultivant, selon des méthodes basées sur les recommandations des scientifiques. »

Donc, des solutions existent, non seulement pour sauver les récifs coralliens existants, mais également pour tenter de rendre ces récifs plus nombreux et aussi diversifiés qu’ils l’étaient avant le début du réchauffement climatique.

Participer à la reproduction du corail

Enfin, la dernière bonne nouvelle pour participer à la protection de la Grande Barrière de Corail, c’est qu’il est possible de participer à leur reproduction, de façon artificielle, avant de les réimplanter dans leur milieu naturel.

Il existe deux façons pour faire se reproduire les coraux, comme l’explique Serge Planes, chercheur au CRIOBE et directeur scientifique de la mission Tara Pacific : « d’une part une reproduction sexuée, en laboratoire, où le corail émet les gamètes. Celles-ci vont se développer dans la colonne d’eau, et construire une nouvelle colonie ». C’est toutefois la solution la plus complexe.

D’autre part, il existe le bouturage. Serge Planes explique : « On prend une colonie et on la casse en petits morceaux. Chacun de ces petits morceaux va soit être replantés dans un récif, soit être mis dans un aquarium pour qu’ils se développent. Ils seront au final remis dans un récif afin de former une nouvelle colonie ». C’est une méthode qui fonctionne, mais qui reste pour l’instant très locale.

Conclusion

La Grande Barrière de Corail est une ressource naturelle unique au monde. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a gagné depuis longtemps sa place au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Constituée de nombreux coraux, de types et de tailles différentes, la Barrière de Corail représente un abri et une source de nourriture primordiale pour de nombreuses espèces marines, mais aussi pour de nombreux oiseaux. C’est d’ailleurs là que l’on trouve la plus grande variété d’espèces au monde.

Malheureusement, c’est une ressource menacée, par le réchauffement climatique, la pollution, et le tourisme de masse, entre autres… C’est pourquoi nous nous devons de la protéger, pour préserver les coraux, toutes les espèces qui y trouvent refuge, mais aussi pour notre bien-être. Car la Grande Barrière de Corail a de nombreux bienfaits, notamment celui d’absorber des quantités importantes de CO², ce qui permet de limiter le réchauffement climatique. Heureusement, il existe des solutions, qu’il faut développer à l’avenir.

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Crédit photo : Wirestock, Eliott Connor, Francesco Ungaro

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