Comment les solutions de végétalisation adaptées aux petites communes et aux villages peuvent-elles transformer durablement nos territoires ?
Face au réchauffement climatique, les collectivités locales cherchent des moyens concrets d’améliorer le cadre de vie, tout en réduisant leur empreinte environnementale.
Créer des espaces verts, planter des arbres en ville, gérer l’eau de pluie différemment : autant de leviers accessibles, même pour de petites communes.
Ces actions simples répondent aux besoins essentiels des habitants, tout en favorisant la biodiversité urbaine et en limitant les îlots de chaleur.
Les bénéfices environnementaux et sociaux de la végétalisation
La création d’espaces verts dans une petite commune ne se résume pas à embellir le paysage. Ces aménagements ont de plus des effets immédiats sur la santé, le confort et la cohésion sociale.
En redonnant de la place au végétal, les villages améliorent, entre autres, le cadre de vie de leurs habitants et renforcent leur attractivité.
Selon l’ADEME, planter des arbres en ville réduit ainsi localement la température de 3 à 5 °C lors des vagues de chaleur1.
La végétalisation urbaine contribue également à limiter la pollution atmosphérique. Elle favorise, de plus, l’activité physique et développe le lien social autour de lieux conviviaux comme les jardins partagés.
Enfin, renaturer les espaces communaux favorise l’amélioration de la qualité de l’environnement local.
Des études montrent, par exemple, que la présence d’espaces verts accessibles réduit le stress et encourage l’activité physique des résidents.
Les petits jardins, parcs ou jardins partagés créent enfin du lien social et renforcent l’attractivité des communes rurales.
Le label « Villes et Villages Fleuris », entre autres, met en avant ces communes engagées dans l’aménagement du territoire par la flore pour un meilleur cadre de vie.
Comme l’affirme la biologiste Nathalie Machon du Muséum national d’Histoire naturelle, « pas de ville habitable sans une riche biodiversité », rappel que la nature doit avoir sa place partout, y compris dans les plus petites communes.
Les solutions de végétalisation adaptées aux petites communes et aux villages
Les solutions de végétalisation adaptées aux petites communes et aux villages sont multiples et modulables en fonction du contexte local.
L’objectif est de verdir sans dénaturer l’identité du lieu, tout en répondant aux besoins des habitants. Voici quelques approches éprouvées.
Revégétaliser les cœurs de village et les espaces publics
De nombreuses petites communes entreprennent de transformer leurs places minérales et leurs parkings en véritables îlots de fraîcheur.
Il s’agit alors de remplacer une partie du bitume par des plantations, du gazon ou des pavés engazonnés.
Une place de village en Saône-et-Loire
À Saint-Loup-Géanges, en Saône-et-Loire, idverde a piloté en 2024 la végétalisation de la place du village en préservant le patrimoine local.
Le projet a intégré des pavés drainants en pierre locale (Comblanchien) et des joints engazonnés, afin de favoriser l’infiltration des eaux de pluie et d’éviter les ruissellements.
Treize nouveaux arbres d’essences locales ont également été plantés autour de l’église.
Ils apportent de l’ombre en été et du charme toute l’année.
Ce type d’aménagement redynamise le centre-bourg en offrant aux habitants un espace vert de rencontre, plus convivial et écologique.
Il montre qu’aménager le territoire rural peut se faire en misant sur la végétalisation urbaine à petite échelle, au bénéfice de tous.
Un quartier historique à la Rochelle
Dans le quartier historique de La Rochelle, un autre projet mené par idverde illustre comment des solutions de végétalisation transforment un espace minéralisé en oasis urbaine.
Sur la place de Montréal (1 229 m²), la commune a ainsi désimperméabilisé les sols pour créer un jardin paysager.
Pas moins de 40 arbres ont été plantés, accompagnés d’arbustes mellifères et de vivaces, afin de végétaliser les villes à hauteur d’homme.
En plus d’apporter de l’ombre et de la verdure, ces plantations constituent un véritable corridor écologique pour la faune locale. Même à grande échelle urbaine, cette approche participative est transposable dans de plus petits villages.
Impliquer les habitants dans la conception et l’entretien léger des espaces verts renforce l’appropriation et l’entretien dans la durée.
Créer des micro-parcs et des jardins partagés
Même avec des moyens modestes, les villages peuvent aménager de petits parcs de proximité. Ou des jardins partagés sur des terrains disponibles (friches, anciennes cours d’école, abords de mairie).
Ces espaces verts de poche offrent un lieu de détente pour les familles, tout en ayant un impact écologique positif.
Une pelouse arborée, quelques bancs et une aire de jeu naturelle suffisent parfois à métamorphoser un coin de village.
Les espaces verts ainsi créés jouent un rôle social important en milieu rural.
Ils deviennent des lieux de rencontre intergénérationnelle, d’éducation à l’environnement (potagers pédagogiques, hôtels à insectes) et participent à l’attractivité du bourg.
En matière de choix d’aménagement, les collectivités doivent privilégier des plantes adaptées au milieu urbain ou villageois local.
Cela signifie planter des essences régionales qui résistent au climat et demandent peu d’arrosage une fois établies.
Des plantes adaptées et rustiques (vivaces locales, arbres indigènes) auront ainsi une meilleure durée de vie et soutiendront la faune locale (oiseaux, pollinisateurs) plus efficacement que des plantes exotiques décoratives.
Par ailleurs, varier les strates végétales est conseillé, tout comme associer de grands arbres d’ombrage (tilleuls, érables…) à des arbustes florifères et à des couvre-sols.
Cette mosaïque végétale offre à la fois de l’ombre, de la couleur et un refuge pour la biodiversité, tout en limitant l’entretien (moins de désherbage et de tonte intensive).
Un bon exemple est la commune de Boubers-sur-Canche, dans le Pas-de-Calais (600 habitants), plusieurs fois primée au concours des villages fleuris, qui mise sur des massifs de vivaces locales et des fruitiers anciens pour embellir son bourg de façon durable.