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Biodiversité
15 février 2022

Insectes pollinisateurs : un maillon indispensable de la biodiversité

Cela fait maintenant plusieurs années que l’on parle de l’importance des insectes pollinisateurs et plus particulièrement des abeilles, la star de cette catégorie d’insectes.

Si l’on s’inquiète de plus en plus du sort de ces derniers, c’est d’abord parce que leur population devient dangereusement menacée. Mais aussi et surtout parce que ce sont des espèces indispensables au bon fonctionnement de la biodiversité. Pour protéger la biodiversité, il faut donc protéger les insectes pollinisateurs.

Mais alors pourquoi ces espèces sont en danger ? Pourquoi sont-elles indispensables pour préserver la biodiversité et comment les protéger ? Découvrez-en plus dans notre article.

Pourquoi est-il impératif de protéger les insectes pollinisateurs ?

Insectes pollinisateurs : des espèces en danger

Dès 2017, une étude allemande alertait sur la baisse inquiétante des populations d’insectes volants. Rien que dans ce pays, plus de 75 % des différentes espèces avaient alors disparu et ce, en seulement 30 ans. La plupart du temps dans des territoires pourtant protégés.

Le Parlement européen nous donne d’ailleurs trois chiffres concernant les pollinisateurs. D’abord, près d’un tiers des populations d’abeilles et de papillons est en déclin. Ensuite, près de 20 % des espèces d’abeilles menacées sont endémiques. Enfin, ils estiment à 10 % les espèces d’abeilles et de papillons qui sont en danger.

En France, le constat est malheureusement le même. À cause de nombreux facteurs, chaque année, les colonies d’abeilles productrices de miel sont victimes d’un taux de mortalité d’environ 30 %, alors qu’il était de 5 % il y a trente ans. Et ce ne sont pas les seules victimes : papillons, syrphes, mites, guêpes… Tous ces pollinisateurs sont menacés, dans toute l’Europe. Pour les populations de papillons, l’ONG Pollinis souligne que ces dernières ont diminué de 39 % depuis les années 90 (source Libération).

Mais alors, à quoi est due cette chute de population pour les insectes volants ? D’abord, ce sont évidemment les pesticides les premiers coupables. Ils ne sont pas répandus dans les zones protégées, où l’on peut trouver ces insectes, mais ils se diffusent et à terme, atteignent ces zones.

Aussi, on compte parmi les causes de la disparition des insectes, les maladies. Car ceux-ci sont exposés à des maladies naturelles : la loque qui attaque le couvain, la nosémose, ou encore la fausse teigne.

Ensuite, on compte également parmi les causes de mortalité, certains parasites comme la Varroa destructor, que l’on trouve en France. Cela fait maintenant plus de 50 ans que l’on constate que cet acarien s’attaque aux abeilles et aux larves. Ce sont notamment les abeilles domestiques qui en sont le plus victimes, ce qui diminue leurs capacités à produire du miel. Autre parasite, d’un autre genre : le frelon asiatique, qui fait partie des espèces exotiques envahissantes qui menacent la biodiversité. Cet insecte est un véritable prédateur pour les pollinisateurs. Sans compter le manque de nourriture, à cause des fleurs et des haies qui disparaissent, remplacées par des cultures.

Et enfin, le changement climatique, qui fait peser une lourde menace sur les insectes pollinisateurs. La hausse des températures et l’augmentation des catastrophes climatiques constatées sont en effet une cause de mortalité de plus pour ces insectes (source Le Progrès).

La pollinisation : un phénomène indispensable au développement de la flore

Pourtant, la pollinisation est un mécanisme clé. Elle permet le bon fonctionnement d’un écosystème et la préservation de la biodiversité, qui, de fait, est en danger à cause de la disparition de ces insectes. En quoi consiste ce phénomène de pollinisation ?

De façon globale, la pollinisation consiste au transport des grains de pollen entre les organes de reproduction mâle, appelés étamines, vers les pistils, ou organes femelles, des fleurs. C’est une étape essentielle qui permet aux plantes de se reproduire. Un transport qui peut se faire grâce au vent, à l’eau mais aussi et surtout grâce aux animaux. Cette dernière méthode de transport, appelée entomogamie, concerne 90 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde.

Les insectes pollinisateurs les plus connus sont bien sûr les abeilles. Mais il existe de nombreuses autres espèces de pollinisateurs en France et dans le monde (source OFB).

Insectes pollinisateurs : leur rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité

Si la pollinisation est indispensable à la reproduction des fleurs, ce ne sont pas les seules qui dépendent de ce mécanisme. En effet, ces insectes assurent la pollinisation de plus de 75 % des espèces végétales cultivées dans le monde. Cela monte même à 84 % des cultures pour l’Europe. La valeur des cultures dépendant des pollinisateurs dans le monde s’estime entre 200 et 500 milliards d’euros chaque année.

Donc, sans ce phénomène de pollinisation, même notre alimentation serait différente, et surtout, beaucoup moins riche. Sans eux, pas ou presque pas de fruits et légumes dans notre alimentation quotidienne. Aussi, le café et le chocolat disparaîtraient de nos repas. Tout comme les oléagineux : le colza, l’arachide, ou les olives…, les protéagineux : pois et fèves…, et les fruits à coques. Nous n’aurions alors plus dans nos cultures que le blé, le maïs ou le riz, qui sont eux, pollinisés par le vent. Sans évoquer le fait que c’est la pollinisation qui permet aux produits agricoles d’avoir de meilleures qualités nutritionnelles.

Vous comprenez donc pourquoi il est primordial de préserver les pollinisateurs. Parmi toutes les raisons évoquées plus tôt, ces derniers nous permettent de mieux manger, et protègent donc aussi notre santé (source Pollinis).

Quels sont les principaux insectes pollinisateurs ?

Les Hyménoptères

Parmi les principaux insectes pollinisateurs, on distingue d’abord la catégorie des hyménoptères. À elle seule, cette catégorie regroupe les abeilles, les bourdons, les guêpes et les fourmis. On en dénombre environ 8 000 sur le territoire français. Ces insectes se reconnaissent grâce à un critère bien particulier : deux paires d’ailes membraneuses (sauf chez les fourmis ouvrières, mais que l’on retrouve chez la reine et les mâles).

Le plus connu des pollinisateurs fait partie des hyménoptères, c’est l’abeille domestique, qui produit bien sûr, du miel. Mais les espèces d’abeilles sont très diverses. Les abeilles sauvages par exemple, sont indispensables pour la reproduction des plantes à fleurs.

Insectes pollinisateurs-abeilles

Les Diptères

Les insectes faisant partie de la deuxième grande catégorie d’insectes pollinisateurs sont les diptères. Eux, se caractérisent par une deuxième paire d’ailes qui fait office de balancier et leur permet de se stabiliser en vol. En France, ont été recensées également 8 000 espèces de diptères.

Parmi elles, les mouches, les syrphes et les bombyles. Les diptères se nourrissent de pollen et/ou de nectar grâce à leurs trompes. Ils sont donc indispensables pour polliniser les petites fleurs, peu attractives pour les gros pollinisateurs.

Les Coléoptères

Ensuite, la troisième catégorie de pollinisateurs qui vous sera peut-être plus familière par son nom, c’est la famille des coléoptères. Ces insectes se caractérisent par des ailes antérieures rigides, appelées également élytres. Ces dernières leur permettent de former carapace qui protège leur abdomen et leurs ailes postérieures membraneuses.

Dans cette catégorie, ce sont 10 000 espèces qui ont été recensées en France. Et parmi elles, de nombreuses espèces sont floricoles. Les coléoptères consomment souvent les étamines et le pollen des fleurs. Malheureusement, ce sont généralement des pollinisateurs peu efficaces. Néanmoins, historiquement, les premiers insectes pollinisateurs connus, déjà présents il y a 200 millions d’années, étaient alors des coléoptères.

Insectes pollinisateurs - papillon

Les Lépidoptères

Pour terminer, la dernière grande catégorie recensée d’insectes pollinisateurs est celle des lépidoptères. Il faut entendre par cette dénomination les papillons. Au total, nous en connaissons 5 200 espèces en France. Les plus connues sont les espèces dites « de jour » qui ne sont que 250. Toutes les autres sont les espèces « de nuit ». Les lépidoptères se distinguent par leurs paires d’ailes colorées. Ils ont aussi 2 antennes, une longue trompe et six pattes articulées.

La plupart des espèces de papillons, de jour ou de nuit, butinent les fleurs dont elles récoltent le nectar avec leur longue trompe qui, au repos, s’enroule.

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Comment protéger les insectes pollinisateurs ?

Nous avons vu à quel point le rôle joué par les insectes pollinisateurs est important. Mais alors, comment protéger ces insectes pollinisateurs ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

Privilégier des substances naturelles aux produits phytosanitaires

Bien sûr, la première mesure à adopter pour protéger ces espèces se trouve dans l’utilisation des produits phytosanitaires. Il n’est plus à prouver que ces substances sont nocives, que ce soit pour notre santé ou pour l’environnement, et donc, par conséquent, nocives aussi pour les insectes pollinisateurs.

C’est pourquoi l’une des solutions peut se trouver dans la substitution de produits agrochimiques par des alternatives biologiques. C’est d’ailleurs ce que souligne la synthèse du forum global sur la sécurité alimentaire et la nutrition  : « Chaque fois que possible, les pesticides peuvent, par exemple, être remplacés par des moyens de lutte biologique (Frank Eyhorn), grâce à l’extrait aqueux des feuilles deHyptis suaveolens, ou à l’huile de graines de margousier (Emile Houngbo). Il est également possible d’utiliser des herbes repoussantes et certaines fleurs d’herbes qui attirent les pollinisateurs (Lal Manavado) ».

Depuis le 1er septembre 2018, la France a déjà fait un premier pas, en interdisant l’utilisation de tous les produits phytopharmaceutiques de la famille des néonicotinoïdes. Cette interdiction va d’ailleurs être élargie aux substances insecticides possédant un mode d’action identique à celui des néonicotinoïdes.

Aussi, selon le site du gouvernement, il est prévu que la France demande à la Commission européenne d’actualiser les méthodologies d’évaluation des risques pour les pollinisateurs. Cela prendra en compte non seulement la toxicité aiguë, mais également la toxicité chronique pour les insectes, afin d’améliorer le niveau de protection de ces derniers.

Encourager des pratiques agricoles plus écologiques

De manière plus générale, il convient de prôner une agriculture plus respectueuse de l’environnement, afin de préserver les insectes pollinisateurs. C’est d’ailleurs ce qu’expliquent les participants au forum global sur la sécurité alimentaire et la nutrition.

La synthèse de ce forum indique qu’il faut miser sur l’intensification d’une agriculture écologique, ce qui peut être rendu possible de plusieurs façons. D’abord grâce à l’agriculture de conservation, qui permet d’accroître la production alimentaire et de renforcer la biodiversité. De façon plus générale, il faut favoriser l’agriculture écologique.

Une autre pratique permet de produire des denrées alimentaires sans mettre en danger les écosystèmes : c’est l’agroécologie. Ils ont d’ailleurs pris pour exemple l’agroforesterie. Une illustration du succès de cette méthode se trouve en Bolivie, où, grâce à l’adoption de systèmes de production agroforestière, les fleurs ne sont plus pollinisées à la main, mais par des insectes sauvages.

Favoriser les plantes mellifères, propices aux insectes pollinisateurs

Enfin, la troisième solution que nous évoquerons ici consiste à attirer les insectes pollinisateurs, grâce à de plantes que ces derniers apprécient particulièrement.

Et ces plantes, ce sont les plantes mellifères, qui sont en quelque sorte l’équivalent des restaurants gastronomiques pour nous. En effet, ces plantes leur apportent à la fois du nectar et du pollen qui leur permettent de se nourrir et de constituer des réserves.

En plus de les nourrir, les plantes mellifères constituent pour ces petits insectes des abris sûrs. Vous pouvez donc planter une ou des haies variées, qui fleuriront à différentes saisons et offriront un logis aux insectes pour les mois les plus rudes de l’année.

Conclusion

Les insectes pollinisateurs sont donc indispensables à la fois pour la préservation des écosystèmes, de la biodiversité, mais également de notre santé. Sans eux, de nombreuses fleurs n’existeraient pas ou plus, tout comme les fruits et légumes.

Pourtant, ces espèces sont dangereusement menacées, principalement par les activités de l’Homme et notamment par l’usage de produits phytosanitaires, mais aussi par le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles, etc. C’est pourquoi il est urgent de les protéger et de faire en sorte que leurs populations cessent de décroître.

Heureusement, des mesures sont déjà en place pour mieux les protéger et les préserver. Évidemment, la clé repose sur l’adoption de méthodes écologiques et naturelles dans nos pratiques agricoles, entre autres. À votre échelle, il vous est également possible de protéger ces espèces en optant pour des plantes mellifères.

PS : sans oublier d’installer un hôtel à insectes dans votre jardin si vous en avez la possibilité !

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