Quelles bonnes nouvelles environnementales, ce mois-ci, témoignent d’une transition écologique désormais tangible en France et à travers le monde ?
Après plusieurs années dominées par les alertes sur le réchauffement climatique et la perte de biodiversité, l’année 2025 apporte des avancées mesurables.
Initiatives politiques ambitieuses, succès de conservation de la biodiversité, avancées technologiques et signaux positifs sur le climat offrent des raisons d’espérer.
Tour d’horizon des actualités positives pour notre planète.
La Norvège protège ses fonds marins de l’exploitation minière
Face aux risques écologiques, la Norvège a décidé de faire une pause historique dans l’exploitation minière de ses fonds marins.
Le gouvernement norvégien, sous la pression des ONG, des scientifiques et d’un parti écologiste minoritaire au Parlement, a ainsi annoncé qu’aucun permis de prospection minière ne serait délivré dans les eaux norvégiennes en 2025.
Initialement, le pays envisageait d’ouvrir plus de 280 000 km² d’océan Arctique à l’extraction de minerais stratégiques (métaux pour batteries, éoliennes, etc.), malgré les menaces pour des écosystèmes marins fragiles.
Cette suspension, arrachée lors des négociations parlementaires sur le budget 2025, constitue une victoire pour la biodiversité sous-marine.
« Nous avons arrêté les projets d’extraction de minerais dans les fonds sous-marins », a déclaré Kirsti Bergstø, la cheffe du Parti socialiste de gauche norvégien, en saluant cette décision.
Même s’il s’agit pour l’instant d’un moratoire temporaire d’un an, ce revirement laisse espérer la réalisation d’études d’impact approfondies et, possiblement, un abandon définitif de l’exploitation minière des océans.
Il s’agit d’un signal fort en faveur de la préservation des milieux marins et des services écologiques qu’ils rendent (régulation du climat, ressources halieutiques, etc.).
Cela encourage aussi un modèle de transition énergétique respectueux de la nature.
Un accord « historique » pour verdir l’agriculture au Danemark
Le Danemark vient de s’engager sur une trajectoire inédite en Europe, avec l’intention de rendre son agriculture durable et de restaurer ses écosystèmes.
Un accord qualifié d’historique a été conclu fin 2024, entre le gouvernement danois et plusieurs partis, qui fixe des objectifs ambitieux à l’horizon 2045.
Cet accord prévoit notamment de convertir 15 % des terres agricoles en forêts et zones naturelles d’ici à 2045, soit environ 250 000 hectares représentant près d’un milliard d’arbres à planter.
Un tel effort de reboisement rendra au passage environ 10 % de la superficie totale du pays à la nature, dans un pays où l’agriculture occupe aujourd’hui plus de la moitié du territoire.
Parallèlement, le Danemark instaurera la première taxe carbone au monde sur les émissions du bétail, afin d’inciter les éleveurs à réduire l’empreinte carbone de l’agriculture animale.
Les fonds collectés par cette taxe seront en partie redistribués pour aider les agriculteurs à investir dans des pratiques plus vertueuses.
Enfin, une enveloppe de 43 milliards de couronnes (5,8 milliards d’euros) est allouée à la dépollution des fjords et des eaux côtières, gravement touchés par l’excès d’engrais agricoles.
Bien que certaines voix militantes jugent ces mesures encore insuffisantes, elles marquent néanmoins un tournant majeur en faveur de la biodiversité et de la transition climatique.
Comme l’a souligné le quotidien Politiken, « les prochaines générations se souviendront du 18 novembre 2024 » (date de l’accord) tant cette décision prépare un avenir plus vert pour nos enfants et nos petits-enfants”.
Le Danemark ouvre ainsi la voie à une agriculture conciliant production, protection de la nature et lutte contre la pollution climatique.
L’Inde double sa population de tigres en dix ans
La biodiversité peut de nouveau prospérer de manière spectaculaire lorsque des mesures fortes sont déployées sur le terrain.
L’Inde en fournit la preuve éclatante.
En un peu plus d’une décennie, le nombre de tigres sauvages y a doublé, passant d’environ 1 700 individus en 2010 à près de 3 700 en 2022.
Ce succès, officialisé par une étude scientifique parue début 2025 dans la revue Science, fait de l’Inde le refuge de 75 % des tigres mondiaux.
Autrefois en voie critique d’extinction, le tigre du Bengale voit donc sa population reprendre des forces grâce aux efforts de conservation sans précédent menés dans le pays.
Selon les auteurs de l’étude, dirigée par le Dr Yadvendradev Jhala (Wildlife Institute of India), ce résultat a été obtenu par une combinaison de mesures : lutte anti-braconnage intensive, protection stricte des habitats naturels, maintien d’une base de proies suffisante pour les grands fauves et réduction des conflits entre tigres et populations locales.
Fait notable, ces programmes de conservation ont également bénéficié aux communautés humaines vivant aux abords des réserves. Ceci via l’essor d’un écotourisme responsable et des initiatives de développement local.
« Ce succès offre des leçons importantes aux autres pays abritant des tigres, en montrant que la protection de la biodiversité peut aller de pair avec le bien-être des populations locales » conclut l’étude.
Bien qu’il y ait encore beaucoup d’obstacles à surmonter pour garantir la survie du tigre en Asie, le cas de l’Inde prouve que l’extinction prévisible d’une espèce emblématique n’est pas inéluctable.
Il s’affirme comme un vecteur d’espoir pour la conservation de la biodiversité à l’échelle mondiale.