Peut-on laisser une forêt urbaine évoluer librement en pleine ville ?
Ou faut-il impérativement l’entretenir pour qu’elle s’épanouisse ?
Cette question suscite la curiosité des collectivités et des aménageurs, tant les forêts urbaines et les boisements périurbains jouent un rôle crucial.
Bien entretenir les forêts urbaines et les boisements périurbains garantit en effet qu’ils continuent de fournir leurs multiples bénéfices sur le long terme, de la lutte contre le changement climatique à l’amélioration de la qualité de vie.
Les zones boisées en ville méritent une attention particulière.
Quels sont, cependant, les enjeux liés à ces forêts d’exception ?
Comment assurer l’entretien des forêts urbaines et des boisements périurbains de manière durable et efficace ? Et préserver leur biodiversité et leur caractère naturel ?
Les bénéfices des forêts urbaines et périurbaines
Les arbres et forêts en ville ne sont pas de simples décors verts.
Ils sont également de véritables alliés pour la nature en ville et pour les habitants, en rendant, entre autres, de multiples services environnementaux.
Les services environnementaux et sanitaires des forêts urbaines
Une canopée d’arbres apporte, par exemple, de la fraîcheur en été en faisant de l’ombre et en évapotranspirant de l’eau, ce qui réduit l’effet des matériaux minéraux surchauffés en ville.
On estime ainsi que la température sous le couvert d’un arbre peut être de 7 à 8 °C inférieure à celle des zones sans ombre lors des pics de chaleur.
Les arbres urbains améliorent aussi la qualité de l’air. Ils fixent certaines particules et de nombreux polluants.
Ils atténuent aussi le bruit urbain et facilitent, enfin, l’infiltration des eaux de pluie dans les sols en réduisant le ruissellement.
Sur le plan de la santé, de nombreuses recherches soulignent l’impact positif d’un accès à des espaces verts sur le bien-être mental et physique des citadins.
Une étude récente a même estimé qu’en 2023, la présence d’espaces verts urbains en France a sauvé environ 22 000 vies. Et prévenu plus de 275 000 maladies (diabète, dépression, etc.) en réduisant le stress et la pollution1.
Ces chiffres illustrent combien les forêts urbaines et parcs sont devenus essentiels à nos villes.
Un rôle climatique et social majeur en ville
Du point de vue climatique, les forêts urbaines, véritable puits de carbone, atténuent le réchauffement climatique.
Certes, un arbre isolé ne capte qu’une quantité modeste de dioxyde de carbone (en moyenne 25 kg de CO₂ par an pour un arbre adulte)2, mais à l’échelle d’une ville entière, le couvert forestier stocke des tonnes de carbone et limite ainsi les émissions nettes.
Surtout, en apportant de la fraîcheur, les arbres réduisent le recours à la climatisation et donc la consommation énergétique en été.
Leur impact sur la santé publique lors des canicules est notable.
Une étude parue dans The Lancet indique que doubler la surface arborée des villes européennes (pour atteindre environ 30 % de canopée), réduirait d’environ 33 % la mortalité liée aux vagues de chaleur.
En d’autres termes, « plus d’arbres en ville » signifie directement une population urbaine plus résiliente face aux épisodes climatiques extrêmes.
Un lien essentiel entre nature et qualité de vie
Les forêts urbaines et périurbaines offrent, enfin, des lieux de loisirs et de détente, mais aussi d’éducation à l’environnement.
Elles renforcent le lien entre l’humain et la nature au quotidien.
Comme le précise le célèbre botaniste Francis Hallé : « On ne pourrait pas vivre dans une ville entièrement minérale. [Les arbres] sont essentiels ».
Cette phrase résume bien l’importance de ces îlots de nature au cœur des bétonnages.
Les habitants y sont d’ailleurs très attachés
Qui n’a pas son parc boisé préféré pour jogger, se promener en famille ou simplement respirer un air plus pur ?
Preuve de cet attachement, les enquêtes d’opinion montrent que 8 Français sur 10 souhaitent vivre à proximité d’un espace vert.
Les forêts urbaines contribuent donc directement à la qualité de vie et au bien-être des populations citadines.
Enjeux spécifiques des forêts périurbaines
Autour des métropoles, s’étendent souvent de vastes forêts dites périurbaines, c’est-à-dire situées en périphérie immédiate des zones bâties.
Ces massifs boisés, souvent d’anciennes forêts domaniales ou communales, constituent alors de véritables réservoirs de biodiversité et des zones de loisirs très prisées des citadins.
On estime par exemple que les forêts périurbaines d’Île-de-France totalisent plus de 50 millions de visites par an sur environ 73 000 hectares, un chiffre en forte augmentation depuis les années 1960.
Cette fréquentation élevée témoigne de la fonction sociale majeure de ces forêts périurbaines, devenues des « forêts des citadins ».
Cependant, la gestion de ces espaces naturels à la lisière de la ville présente des défis particuliers.