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08 juin 2022

Pourquoi la déforestation de l’Amazonie ne cesse de s’accélérer ?

La forêt amazonienne se situe, comme son nom l’indique, en Amazonie, une région immense d’Amérique latine. Elle est traversée par l’Amazone, fleuve le plus important du monde par son débit et deuxième plus important par sa longueur.

Aussi, la forêt amazonienne n’abrite pas moins de 10 % de la biodiversité mondiale. Et bien que l’on pourrait croire ce lieu inhabité par l’Homme, de nombreuses populations autochtones résident sur ce territoire, qui compte encore 34 millions de personnes. Des habitants qui vivent grâce à la richesse des ressources offertes par la forêt amazonienne. Une forêt d’ailleurs communément appelée le poumon vert de la planète.

Mais ces habitants et cette biodiversité sont aujourd’hui largement menacés par la déforestation. Malgré les alarmes incessantes de certains organismes pour l’arrêter, elle continue toujours plus vite et toujours plus fort…

Alors quel est le bilan aujourd’hui ? Quels sont les risques et les conséquences de la déforestation amazonienne au niveau mondial ? idverde fait le point pour vous.

Quel est l’état de la forêt amazonienne ?

17 % de la forêt amazonienne a déjà été détruite

Pendant des centaines de milliers d’années, les civilisations précolombiennes ont vécu sans impact sur la forêt amazonienne, conscientes de toutes les richesses que celle-ci leur apportait.

Pourtant, la déforestation amazonienne par l’Homme ne date pas d’hier. Dans les années 1 900 déjà, au Surinam, l’Homme a commencé ce processus. À cette époque, la forêt amazonienne représentait encore plus de 4 millions de kilomètres carrés. Mais la déforestation s’est fortement accélérée dans les années 1970, due à l’ouverture de routes en plein cœur de la forêt. À partir de là, le phénomène n’a fait que s’intensifier.

En une cinquantaine d’années, la forêt amazonienne s’est retrouvée amputée de 17 % de sa surface. Plus récemment, entre 2001 et 2020, une étude publiée par Nature, a estimé qu’entre 103 000 et 190 000 kilomètres carrés de forêt ont été ravagés par des incendies.

Et ce constat ne fait qu’être appuyé par de nouvelles études. L’année dernière, le Centre commun de recherche du Cirad, du CIFOR et de l’INPE, publiait le résultat de trente ans de récolte et d’analyse de données satellitaires sur les perturbations du couvert forestier tropical mondial. Des données qui n’avaient jusqu’alors jamais été aussi précises, et qui permettent d’évaluer de façon inédite l’évolution de la déforestation depuis les années 90.

Et les résultats sont sans appel : la déforestation aurait été sous-estimée par toutes les précédentes études. Ces mêmes chercheurs ont pu prouver que, depuis 30 ans, ce sont 220 millions d’hectares de forêt tropicale humide qui ont disparu.

Une déforestation qui continue de s’accélérer

Et ces chiffres ne vont pas en s’améliorant. Plus le temps passe et plus la déforestation s’accélère. En 2020, c’est encore l’INPE qui faisait ce constat. L’Institut révélait alors qu’en seulement une année, d’août 2019 à juillet 2020, 11 000 kilomètres carrés de forêt ont été détruits.

Pour vous donner une idée, cela correspond plus ou moins à la superficie de l’Île-de-France. Encore plus parlant, 11 000 kilomètres carrés en un an, c’est l’équivalent de 4 300 terrains de footballs rasés par jour. 3 terrains par minute… Des chiffres qui donnent le tournis et ce n’était pas arrivé dans la forêt amazonienne depuis plus de 10 ans. Cela représente une augmentation de 9,5 % par rapport à l’année précédente.

Le Brésil était alors à contre-courant du reste monde, concernant ses émissions de gaz à effets de serre. Car avec l’arrivée de la COVID-19 en 2020, de nombreux pays se sont trouvés à l‘arrêt. Mais L’Observatoire du climat avait alors souligné qu’« en raison d’une telle déforestation, le Brésil est probablement le seul émetteur majeur de gaz à effet de serre qui a réussi à augmenter ses émissions pendant une année au cours de laquelle l’économie mondiale était paralysée » (source France Info).

Mais alors, la question qui se pose est la suivante : quelles sont les causes d’une déforestation si importante, qui ne cesse de s’accroître ?

 

Quelles sont les causes de la déforestation amazonienne ?

94 % de la déforestation amazonienne est illégale

C’est un chiffre qui peut paraître surréaliste. Aujourd’hui, la quasi-totalité de la déforestation amazonienne est faite dans l’illégalité la plus totale. C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport établi par plusieurs organisations environnementales, dont la branche brésilienne de WWF. Cela concerne surtout la région du Matopiba, englobant des parties des États du Maranhao, Tocantins, Piauí y Bahía.

Pourtant, Jair Bolsorano, actuel président brésilien, a promis d’éradiquer ce phénomène d’ici à 2030, en signant un accord international lors de la COP26. En affirmant même que cela pourrait être fait avant la fin de l’année 2028. Des promesses qui sonnent faux, puisque toutes les mesures prises à ce jour vont dans le sens inverse.

La seule façon de pouvoir stopper la déforestation illégale, serait d’instaurer beaucoup plus de contrôles de l’utilisation de ces terres. Or, aujourd’hui, c’est bien le manque de transparence sur l’utilisation de ces terres qui permet une déforestation si massive, sans aucune autorisation préalable. Même pour une utilisation légale des terres par les agriculteurs, les éleveurs ou les exploitants forestiers, les autorités brésiliennes sont incapables de fournir les preuves d’une éventuelle autorisation.

De plus, un projet de loi actuellement en discussion au Brésil vise à assouplir les exigences environnementales concernant les projets agricoles et énergétiques. Le projet est d’ores et déjà approuvé par la Chambre des députés du Brésil, il doit être à présent révisé par le Sénat. Une fois la loi validée, une simple promesse écrite, confirmant le respect des normes environnementales, sera suffisante pour commencer des travaux de dédoublement de routes ou de lignes électriques.

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Le rôle des multinationales dans la déforestation de l’Amazonie

Si l’inaction du gouvernement brésilien ne fait qu’accentuer la déforestation amazonienne, il n’est pas le seul responsable. En effet, les multinationales ont aussi leur part de responsabilité dans l’accroissement de ce phénomène.

Cela s’explique notamment par l’élevage bovin, qui occupe une place prédominante dans l’économie agricole et qui constitue la première cause de déforestation amazonienne. Ces dernières années, le Brésil est devenu le premier exportateur mondial de bœufs. En 2018, les exportations bovines représentaient 30 % du marché mondial. Et pour pouvoir obtenir toujours plus de terrains d’élevage, de nombreuses entreprises brûlent illégalement la forêt.

C’est d’ailleurs ce que confirme Romulo Batista, chercheur pour Greenpeace : « L’élevage bovin extensif est le principal facteur de déforestation de l’Amazonie. Un peu plus de 65 % des terres déboisées en Amazonie sont aujourd’hui occupées par des pâturages. »

Mais les multinationales d’élevage bovin ne sont pas les seules à opter pour ce genre de pratiques. On peut aussi pointer du doigt les monocultures et les cultures de soja, qui provoquent la disparition de nombreux hectares de forêts (source Maze). Tout cela, encouragé par le président brésilien qui souhaite développer et multiplier les processus de production intensive.

Déforestation de l’Amazonie : les effets dévastateurs des incendies

Depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro, en 2018, les incendies au sein de la forêt amazonienne brésilienne n’ont fait qu’augmenter. Plus 84 % de feux de forêts sur une même période entre 2018 et 2019.

En août 2019, on ne recensait pas moins de 77 336 feux de forêts en seulement 6 mois. Et pour pouvoir brûler si facilement des forêts humides, les arbres sont préalablement coupés, puis séchés pour ensuite être brûlés.

Les conséquences de la déforestation sont bien réelles. Des conséquences dramatiques sur la biodiversité qui s’en trouve détruite ou délocalisée… Mais aussi des conséquences sur les populations à proximité. En 2019, lorsque l’augmentation des incendies a eu lieu, la presse commençait alors à dénoncer des problèmes respiratoires dans les villes les plus proches. Sans pour autant que le gouvernement brésilien ne reconnaisse la cause de ces incendies.

Favoriser le développement de la biodiversité, une préoccupation au cœur des projets idverde

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Quelles sont les conséquences de la déforestation amazonienne pour le reste de la planète ?

Quelles sont les conséquences sur la biodiversité ?

Pour prendre la mesure des conséquences de la déforestation sur la biodiversité, il faut rappeler que l’Amazonie abrite 40 % de la forêt tropicale humide mondiale et 25 % de la biodiversité terrestre.

Selon l’étude publiée par Nature, les incendies de la forêt amazonienne auraient largement fragilisé les 11 000 espèces végétales et 3 000 espèces animales étudiées. Qui plus est, des espèces dont plus de la moitié (64 % exactement) sont menacées figurent sur la Liste rouge de l’UICN.

Des espèces fragilisées par la disparition de leur habitat naturel. En effet, en moins de 20 ans, entre 2001 et 2019, 77 à 85 % de ces espèces ont vu disparaître une grande partie de leur habitat naturel. D’ailleurs, les scientifiques à l’origine de l’étude précisaient alors : « il y a 263 à 700 espèces pour lesquelles plus de 10 % de leur aire de répartition a disparu ».

Mais les espèces animales et végétales ne sont pas les seules à faire partie de cette biodiversité. Les peuples autochtones sont aussi durement touchés par ces incendies. Xiao Feng, biogéographe et auteur principal de l’étude, complète : “une perte de 20 à 25 % des forêts amazoniennes pourrait précipiter une transition rapide vers une végétation de type savane”.

Quel est l’impact direct sur le réchauffement climatique ?

Si les conséquences de la déforestation amazonienne sont concrètes et directes au niveau local et national, elles le sont aussi au niveau mondial. Plusieurs études publiées confirment que, si encore récemment (avant 2020), la forêt amazonienne était l’un des principaux puits de carbone du monde, la tendance s’est désormais inversée.

À cause des actions néfastes de l’Homme au cœur de la forêt amazonienne, cette dernière émet désormais plus de CO² qu’elle n’en absorbe. Des émissions de CO² qui contribuent donc à augmenter le réchauffement climatique global de la planète.

Quelles sont les conséquences sur les ressources en eau douce ?

En plus des conséquences sur la biodiversité et sur le réchauffement climatique global, la déforestation de l’Amazonie a également des conséquences sur les ressources planétaires en eau. C’est ce qu’affirmait Philippe Grandcolas, directeur de recherches au CNRS, interrogé par Numerama.

Selon lui, « plus de 10 % des eaux douces de la planète sont liées au fonctionnement de l’Amazonie ». La forêt amazonienne est un grand ensemble forestier très humide. Humidité provoquée par un cycle qui retient et recycle l’eau sur place. C’est d’ailleurs de cette façon qu’est alimenté le fleuve Amazone. La disparition d’une grande partie de la forêt ne fait que perturber ce cycle naturel.

Il ajoute aussi : « Plus vous diminuez l’ensemble forestier, plus vous diminuez la quantité d’eau résidente. Au bout d’un moment, vous allez avoir un basculement : même s’il reste de la forêt, elle va souffrir, car le climat ne sera plus adéquat pour maintenir le climat tropical humide ». Le plus gros risque, en plus de la destruction de la biodiversité et du réchauffement climatique, est donc celui d’un assèchement du fleuve. Un assèchement qui viendra renforcer la menace du manque d’eau, qui pèse déjà sur un quart de la population mondiale.

Conclusion

Protéger la forêt amazonienne, c’est œuvrer pour la protection de la planète et la préservation de l’environnement. Mais c’est une forêt mise à rude épreuve depuis de nombreuses années. Déforestation, incendies, autant de catastrophes provoquées sciemment par l’Homme, pour augmenter toujours plus la production agricole.

Une perte de surface pour ce poumon vert de la planète qui ne fait que s’accélérer ces dernières années. De ce fait, la forêt amazonienne, qui était jusqu’alors le poumon vert de la planète a émis plus de CO² ces dernières années que ce qu’elle a pu absorber.

Heureusement, il y a encore de bonnes nouvelles pour les forêts tropicales. Aussi, de nombreuses ONG et associations se mobilisent pour dénoncer ce drame écologique. L’ONG autrichienne AllRise a d’ailleurs porté plainte contre le président Jair Bolsonaro pour crime contre l’humanité. Une action forte dans le but d’éveiller les consciences.

Comment idverde améliore l’impact environnemental de ses projets ?

 

crédits photos : Tom Fisk, Karolina Grabowska, Julissa Helmuth, Deep Rajwar

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