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07 septembre 2022

Les initiatives des villes pour économiser de l’énergie

Dans le cadre de la transition énergétique et des engagements de l’accord de Paris, les villes françaises œuvrent de différentes manières et dans tous les domaines pour économiser de l’énergie.

Quels sont les centres urbains français les plus consommateurs ? Et surtout quelles solutions pour réduire la consommation énergétique des villes ? Constat, initiatives, cas concrets, idverde fait le point.

Quelles sont les villes françaises qui consomment le plus d’énergie ?

À partir des données publiées par l’agence ORE (Opérateurs de Réseaux d’Énergie), Enedis et l’Insee, la société Upenergie a produit une infographie qui nous permet d’en savoir plus sur la consommation énergétique des villes de France.

Celle-ci prend la forme d’un classement regroupant les 116 villes de plus de 50 000 habitants les plus consommatrices d’électricité.

Cette infographie nous renseigne également sur la consommation annuelle moyenne d’électricité par habitant et par département, ainsi que sur la répartition de la consommation électrique en fonction des usages.

Top 3 des villes françaises les plus énergivores

Il pourrait nous paraître logique que les villes les plus énergivores soient celles où le climat est le plus froid et nécessitent des besoins en chauffage accrus. Détrompez-vous ! Les 3 plus grandes consommatrices d’énergie en France ont un climat plutôt doux.

On pourrait aussi croire que ces trois villes se situent plutôt au nord de la France où le climat est plus rude. Ici aussi les pronostics ont été déjoués. Trêve de suspense. Les trois villes les plus énergivores de France sont Aix-en-Provence, Bordeaux et Nice.

Les données révèlent également que les départements les plus énergivores se situent au sud de la France (Gard, Drôme, Var, Alpes-de-Haute-Provence, Aude, Vaucluse, Pyrénées-Orientales…), mais aussi sur la façade Atlantique du pays (Landes, Gironde, Vendée, Charente-Maritime).

À l’autre bout du classement, les villes les plus économes en énergie ont aussi de quoi étonner puisque leur climat n’est pas des plus clément.

Le podium des villes qui économisent le plus d’énergie est ainsi composé de Saint-Étienne (où la température hivernale peut descendre jusqu’à -7 °C), suivie par Rennes (humidité et froid en hiver), puis par Mulhouse (climat semi-continental accompagné de chutes de neige fréquentes).

Pourquoi ces villes consomment-elles plus d’énergie ?

Plusieurs hypothèses et facteurs peuvent expliquer ces disparités de consommation d’énergie.

Tout d’abord, le matériel de chauffage utilisé par les particuliers dans les régions du nord est majoritairement au fioul et au gaz, tandis que les autres régions sont mieux équipées en chaudières électriques.

La qualité de l’isolation des habitations rentre aussi en ligne de compte. En effet, une habitation mal isolée provoque des déperditions de chaleur plus importantes qu’un bâtiment à faible consommation énergétique. Celles-ci sont alors compensées par des besoins de chauffage supplémentaires.

Le type de logement influence également la consommation électrique. Il est tout à fait logique qu’un logement de grande taille, avec plus de pièces à vivre et à chauffer, fonctionnant au tout électrique et comportant de nombreux équipements électriques plus ou moins énergivores, impactera significativement la consommation finale en énergie du logement.

Le phénomène de thermosensibilité est aussi à citer. Il fait référence à la tendance des Français à augmenter la température du chauffage lorsque les températures sont en baisse.

La démographie ferait aussi partie des facteurs clés de la consommation d’énergie en France. Il a été constaté que les régions et départements ayant connu une hausse de leur population font partie des zones où la consommation d’énergie est en hausse.

Enfin, la climatisation, beaucoup plus utilisée dans le Sud, participe à la forte consommation d’électricité de ses départements.

Quelles solutions pour réduire la consommation énergétique des villes ?

En France, l’électricité représente la principale source de consommation énergétique, suivie par le pétrole, le gaz naturel, les énergies renouvelables et le charbon.

Entre 1973 et 2010, la France a vu sa consommation d’électricité tripler, passant de 171 à plus de 470 TWh.

La répartition de la consommation électrique finale se fait entre le secteur résidentiel (36 %), le secteur des entreprises (27 %), puis la grande industrie (17 %), les PME-PMI (10 %) et les professionnels (10 %).

Pour le secteur résidentiel, l’électricité reste l’énergie la plus consommée (34 %), devant le gaz naturel (29 %), les énergies vertes (23 %) et les produits pétroliers (11 %).

Le chauffage représente 27,6 % de la consommation électrique résidentielle, suivi par le froid et le lavage (18,5 %), le multimédia et l’informatique (13,5 %), l’eau chaude et le sanitaire (12,8 %), l’électroménager et autres appareils (12,1 %), puis par la cuisson (7,6 %), l’éclairage (5,6 %) et la ventilation (1,7 %).

Pour les différents secteurs professionnels, le chauffage représente plus de 50 % de la consommation d’énergie, suivi par l’éclairage et la bureautique.

Découvrons maintenant les différentes solutions pour réduire la consommation énergétique des villes.

Source EDF, RTE, ADEME

Réduire la consommation énergétique des bâtiments

Afin d’économiser de l’énergie consommée par les bâtiments, dans le cadre professionnel, plusieurs solutions sont disponibles.

Celles-ci impliquent l’action des occupants grâce à quelques gestes simples, l’optimisation des installations existantes, ainsi que la réalisation de petits travaux pour l’amélioration des installations déjà existantes.

Pour économiser de l’énergie provenant du chauffage, réaliser des travaux d’isolation thermique adéquats est une priorité.

Les optimisations des installations consistent par exemple à désembouer les réseaux de chauffage, à adapter la vitesse des circulateurs et à les arrêter en période estivale, à arrêter la chaudière à cette période ou à la faire basculer en mode été.

Les petits travaux concernent l’installation de robinets thermostatiques, de panneaux réflecteurs de chaleur derrière les radiateurs ou encore d’horloges programmables de ralenti.

En termes de bureautique, l’achat de matériel informatique moins énergivore, la virtualisation des serveurs, ainsi que l’utilisation d’ordinateurs portables sont à privilégier.

Enfin, pour l’éclairage, il est préconisé de diminuer le nombre de sources lumineuses, d’organiser les postes de travail en fonction de la lumière du jour, de mettre en place des ampoules basse consommation ou encore de nettoyer régulièrement les vitrages et luminaires.

Des solutions existent également dans le secteur résidentiel pour réduire la consommation d’énergie, ainsi que la facture d’électricité.

Améliorer l’offre de transport en commun et de mobilité pour réduire la consommation énergétique

Au-delà de la consommation d’électricité, le domaine des transports occupe la première place du bilan énergétique total. Il est aussi la principale source d’émissions de gaz à effet de serre.

En France, le secteur des transports représente environ un tiers du bilan énergétique total (toutes énergies confondues) devant les ménages, l’industrie, les services, l’agriculture et la pêche.

Améliorer l’offre de transports en commun permet à la fois de garantir l’efficacité du système et la mobilité des usagers, tout en réduisant la consommation énergétique.

Pour cela, de nombreuses initiatives sont prises par les villes. Parmi elles, le déploiement d’un réseau de transports en commun à faible consommation énergétique et accessible à tous les usagers (tramways, bus, trains, métro…).

L’aménagement d’écoquartiers, de voies piétonnes et cyclistes élargies et la promotion de la mobilité douce font aussi partie de la stratégie globale pour économiser de l’énergie.

Enfin, la modernisation du transport des marchandises et de la logistique urbaine, l’incitation au covoiturage et aux innovations technologiques (transports autonomes) font partie du bouquet pour améliorer la mobilité et économiser de l’énergie dans le domaine des transports.

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Mettre en place un éclairage public intelligent pour réduire la consommation d’énergie

L’éclairage public représente en moyenne 44 % des dépenses des collectivités françaises. Selon l’ADEME, l’économie d’énergie liée à la rénovation de l’éclairage public pourrait dépasser les 50 %, tandis que la facture énergétique baisserait quant à elle d’au moins 25 %.

Bien que les 11 millions de sources lumineuses du pays soient principalement alimentées par une énergie à faible consommation, elles sont devenues obsolètes et polluantes. En conséquence, c’est entre 30 et 40 % de cette énergie qui est perdue ou mal utilisée.

La pollution lumineuse pose aussi d’autres problèmes puisqu’elle nuit à la biodiversité et à la santé humaine.

Afin d’y remédier, plusieurs solutions sont déjà mises en place, notamment grâce aux éclairages intelligents ou connectés.

Au lieu de maintenir des luminaires actifs à des endroits à faible fréquentation la nuit, les capteurs de présence ou lampadaires connectés ne s’allument que lors du passage d’un piéton ou d’un véhicule.

C’est une excellente manière d’économiser de l’énergie et de réduire la pollution lumineuse.

Enfin, de nouvelles générations de luminaires, équipés de panneaux solaires, peuvent permettre aux éclairages publics de fonctionner en totale autonomie, c’est-à-dire indépendamment du réseau collectif, qu’elles pourraient même alimenter partiellement à terme.

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Zoom sur 4 villes qui œuvrent pour réduire leur consommation d’énergie

Strasbourg, la ville modèle en matière d’éco-mobilité

Située dans l’Est de la France, sur la rive gauche du Rhin, la ville de Strasbourg fait office de véritable modèle durable, notamment en matière d’éco-mobilité.

La politique de la Ville de Strasbourg est organisée autour de trois trames :

  • La trame bleue : fleuves, rivières, canaux, zones inondables, nappes phréatiques…
  • La trame verte : parcs, forêts, espaces agricoles…
  • La trame des transports en commun en site propre.

C’est cette dernière qui permet à Strasbourg de se démarquer en termes de mobilité durable. Cette orientation politique anticipe la fin de l’utilisation généralisée de la voiture et offre un large panel d’alternatives pour la population.

Ainsi, Strasbourg possède le premier réseau de tramway en France, créé dans les années 1980, avec 6 lignes, 69 stations sur 56 km et plus de 300 000 voyageurs par jour.

C’est également le plus vaste réseau cyclable de France avec plus de 560 km d’itinéraire et près de 5000 vélos partagés.

Enfin, la ville promeut les espaces piétons, les véhicules hybrides rechargeables et propose une application mobile, ainsi qu’un système d’abonnements multi-transports (tramway-train, bus, vélos et voitures partagés).

Lyon mise sur la sensibilité de sa population et les réseaux intelligents

La ville de Lyon mise quant à elle sur la participation de sa population pour économiser de l’énergie.

Pour cela, la ville a fait partie des pionnières pour l’installation des compteurs intelligents Linky afin de développer des quartiers à efficience énergétique.

D’autres expérimentations avec la population, comme l’installation de nouveaux matériels électriques avec recueil de données sont au cœur de la stratégie lyonnaise pour économiser de l’énergie.

Grenoble investit sur des bâtiments à faible consommation énergétique

Ville durable exemplaire et détentrice du premier écoquartier de France depuis 2003, la ville de Grenoble mise sur la conception et la rénovation de ses bâtiments pour économiser de l’énergie.

Il est à noter que la ville travaille avec ses propres acteurs énergétiques tels que la Société d’Économie Mixte (SEM), Gaz Électricité de Grenoble (GEG) et la compagnie de chauffage intercommunale de l’agglomération grenobloise (CCIAG).

C’est ainsi que la ZAC de Bonne a remporté le Grand Prix du palmarès des écoquartiers en 2009, notamment grâce à ses toits équipés de panneaux photovoltaïques, ses bâtiments bioclimatiques à faible consommation et son système de co-génération mêlant gaz naturel et rafraîchissement par pompes à chaleur via l’eau des nappes phréatiques.

Élue Capitale Verte de l’Europe en 2022, la ville brille également grâce à son vaste réseau cyclable, sa zone à trafic limité en centre-ville, ainsi que sa politique globale pour le climat qui a entraîné une baisse des émissions de GES de plus de 30 % entre 2005 et 2018.

Nantes Saint-Nazaire fait le choix de tirer profit de son environnement

Élue Capitale Verte de l’Europe en 2013 et 1er pôle industriel français des EMR (Énergies Marines Renouvelables), la ville de Nantes fait partie des sites phares de recherche, développement, formation et innovation dans le secteur de l’éolien en mer.

Depuis le début de l’année 2022, le parc éolien en mer de Saint-Nazaire est le premier opérationnel en France. Il comptera plus de 80 éoliennes situées à plus de 12 km de la côte. Celles-ci doivent être mises en place pour la fin 2022 et fourniront 20 % de la consommation énergétique de la région Loire-Atlantique.

Conclusion

N’occupant que 2 % de la surface de la planète, les villes consomment pourtant 75 % de l’énergie produite et sont à l’origine de 80 % des émissions de CO2.

Face au changement climatique, dans le cadre de la transition énergétique et pour atteindre la neutralité carbone en 2050, les villes vertes prennent de nombreuses initiatives pour économiser l’énergie.

Parmi ces innovations, sont à retenir la modernisation des secteurs résidentiels et tertiaires grâce à la rénovation énergétique des bâtiments, la rénovation du système d’éclairage public à remplacer par des luminaires intelligents, connectés et économes, ainsi que la promotion des solutions de transports communes, alternatives et écologiques.

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