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05 juillet 2022

Quels sont les enjeux du bien-être animal ?

Depuis toujours dans l’Histoire, l’animal a été à la fois le prédateur ou le compagnon de l’Homme, son défenseur, un outil, un moyen de transport, un cobaye, mais aussi une source de nourriture. Avec parfois, malheureusement, des traitements plus que cruels réservés aux animaux. En 2019, le réalisateur Jean-Christophe Rosé avait même réalisé un reportage sur les animaux et les traitements qui leur ont été réservés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il y a encore peu, le rapport de l’Homme à l’animal était un rapport de supériorité et de domination. Mais depuis quelques années, cette relation change, visant à ramener l’animal sur un pied d’égalité avec l’Homme en se préoccupant de son bien-être.

Mais alors, quels sont les enjeux du bien-être animal ? Où en est-on aujourd’hui ? idverde vous dit tout.

Qu’est-ce que le bien-être animal ?

Définition du bien-être animal

Concept encore peu connu il y a quelques années, il existe pourtant, aujourd’hui, une définition du bien-être animal, établie par le ministère de l’agriculture et de l’alimentation en 2008. Selon cette définition, le bien-être animal est vu comme « l’état mental et physique positif, lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal ».

Donc, le bien-être animal ne prend pas seulement en compte l’état physique de l’animal, mais aussi son état mental. Il est d’ailleurs important de préciser que ce n’est qu’en 2015 que le statut juridique des animaux a été réévalué. Après plus de 10 ans de réflexion sur le sujet, le Code civil a enfin reconnu aux animaux leur nature d’êtres vivants et sensibles. Jusque-là, les animaux étaient considérés comme des biens aux yeux de la loi.

Une avancée significative, qui a d’ailleurs permis de donner de l’importance au concept de bien-être animal. Si l’animal est considéré comme un être vivant et doué de sensibilité, il a donc aussi des droits, dont celui de vivre dans de bonnes conditions, physiques et mentales.

Quels sont les principes du bien-être animal ?

Pour comprendre en quoi cela consiste concrètement, il faut se pencher sur les principes du bien-être animal, regroupés en 5 libertés individuelles. 5 règles fondamentales, qui furent publiées pour la première fois en 1979 par le conseil britannique, à propos du bien-être animal dans les élevages. Depuis cela, ces 5 libertés sont mondialement reconnues et citées dans les codes de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE).

Cinq conditions qui doivent être respectées par l’Homme, afin d’assurer le bien-être des animaux. Des conditions valables aussi bien pour les animaux d’élevage que pour les animaux domestiques.

La première liberté consiste en l’absence de faim, de soif et de malnutrition. L’animal doit avoir un accès permanent à une source d’eau et de nourriture, adaptée en fonction des besoins de chaque espèce.

Deuxièmement, l’animal ne doit pas se retrouver dans des situations de peur ou de détresse. Concernant l’élevage, les conditions de celui-ci ne doivent pas impliquer la souffrance psychique.

Aussi, l’animal doit pouvoir profiter d’un environnement adapté à ses besoins. Il doit avoir accès à une zone de repos confortable et disposer d’un refuge pour se protéger des intempéries. Il ne doit donc subir aucun stress physique et/ou thermique.

Ensuite, l’animal ne doit souffrir d’aucune douleur, lésion ou maladie. Plus clairement, aucun mauvais traitement ne doit lui être infligé, pouvant lui faire mal ou le blesser. Et s’il est malade, l’animal doit être soigné.

Enfin, la dernière liberté fondamentale animale, c’est la liberté d’expression. L’animal doit être en mesure d’exercer un comportement normal, en disposant à la fois de l’espace nécessaire, mais aussi des installations adéquates. Par exemple, si l’animal concerné à l’habitude de vivre en groupe, il doit en être ainsi.

Le respect de ces 5 conditions permet d’assurer la bientraitance animale. L’animal est dans un environnement conforme à ses besoins, sans stress, ni souffrance d’aucune sorte, qu’elle soit physique ou mentale (source FAWEC et ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation).

Zoom sur l’évolution du statut des animaux au sein de la société

Si nous avons évoqué précédemment le changement de statut juridique pour les animaux qui a eu lieu en 2015, ce n’est pas la seule avancée sur le plan juridique.

Dès 1976, en France, une loi est votée en faveur de la protection de la nature, c’est la loi du 10 juillet. Cette loi instaura les bases de protection animale. À titre d’exemple, l’article 9 indique : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Donc, même si, juridiquement, l’animal n’était pas encore reconnu comme un être vivant doué de sensibilité, la question de son bien-être était déjà évoquée.

23 ans plus tard, en 1999, sera effectuée une première modification du Code civil. Car si jusqu’en 2015, les animaux étaient considérés comme des biens, avant les années 2000, les animaux n’étaient aux yeux de la loi, que de simples objets ou « choses ».

Mais du point de vue de nombreuses associations de protection des animaux, c’est bien en 2015 que l’avancée la plus importante a eu lieu. Selon elles, la reconnaissance des animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité est une première étape vers une reconnaissance des animaux comme des “sujets de droit”. Des animaux qui seraient donc considérés comme des personnes reconnues par le droit français, des êtres conscients, capables de percevoir et de ressentir des émotions.

En 2019, une nouvelle étape vers ce processus de reconnaissance des animaux est franchie : c’est la Déclaration de Toulon. Cette déclaration est liée à la personnalité juridique de l’animal. Selon cette dernière, les animaux doivent être considérés de manière universelle comme des personnes et non des choses”, plus précisément comme “des personnes physiques non humaines”.

Quels sont les progrès en faveur du bien-être animal ?

De nouvelles mesures gouvernementales pour améliorer le bien-être animal

De nos jours, les mauvais traitements envers les animaux domestiques, les animaux sauvages apprivoisés et les animaux tenus en captivité sont interdits par la loi. Concernant les animaux d’élevage, ce sont des décrets de loi qui définissent les mesures qui visent à assurer la protection des animaux. Une protection contre les mauvais traitements, les utilisations abusives mais aussi contre les souffrances animales lors du parcage, du transport ou de l’abattage. De même, la loi précise que l’utilisation des animaux à des fins scientifiques doit être limitée « aux cas de stricte nécessité ».

En cas de non-respect de la loi, il est donc possible désormais d’appliquer des sanctions pénales. Il est prévu dans le Code pénal des sanctions contre les sévices graves ou sexuels tout comme les actes de cruauté de nature intentionnelle.

Début 2020, le gouvernement annonçait de nouvelles mesures venant renforcer la loi agriculture et alimentation de 2018. Première mesure pour l’amélioration du bien-être animal, la fin des pratiques douloureuses en élevage : depuis la fin de l’année dernière par exemple, la castration à vif des porcelets a été interdite. Interdit également le broyage des poussins mâles, une pratique commune dans de nombreux élevages jusque-là.

Autre mesure en vigueur depuis le début de l’année : renforcer la sensibilisation et la formation au bien-être animal. Cela signifie que chaque élevage de volailles et de porcs doit désormais désigner un référent en charge du bien-être animal, qui aura suivi une formation spécifique. Sans oublier l’amélioration de la qualité de vie et des conditions de transports des animaux d’élevage, ou encore l’amélioration de l’information des consommateurs (source Vie Publique et Gouvernement.fr)

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Une nouvelle loi pour lutter contre les abandons d’animaux de compagnie

Parmi les mesures visant à améliorer la condition animale, l’une d’entre elles est, bien sûr, dédiée aux animaux de compagnie. Il s‘agit de renforcer les actions du gouvernement contre les abandons, notamment en prévenant les achats impulsifs. Pour arriver à ses fins, le gouvernement a mis en place un plan d’action en 3 axes : sensibiliser, organiser et accompagner et enfin, sanctionner, si nécessaire.

Le premier axe, la sensibilisation, vise à informer du mieux possible les adoptants, notamment pour anticiper les besoins de l’animal une fois devenu adulte. D’ailleurs, il est prévu de mettre en place un certificat de sensibilisation à destination des adoptants. Ce certificat pourra être signé auprès d’un vétérinaire, d’un refuge, d’un élevage ou d’une animalerie. Une démarche qui permet d’informer sur les coûts (vaccination, identification…) et les besoins des animaux. Le gouvernement souhaite même que cette sensibilisation se fasse dès l’école élémentaire.

Pour stopper les abandons, le gouvernement met également de l’argent sur la table. C’est le deuxième axe de son plan : organiser et accompagner. Dans le cadre du plan France Relance, 20 millions d’euros sont dédiés aux associations et refuges. Aussi, l’État finance déjà en partie les campagnes de stérilisation des animaux errants et facilite également l’accès aux soins vétérinaires pour les plus démunis. Enfin, un observatoire de la protection animale des carnivores domestiques doit être mis en place en 2022, qui permettra de recenser de façon précise les abandons et la maltraitance animale.

Par ailleurs, si un abandon ou de la maltraitance sont constatés, alors des sanctions seront appliquées. L’abandon est désormais reconnu comme un acte de cruauté et de maltraitance, passible de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. Malheureusement, aujourd’hui, peu de procédures judiciaires aboutissent. C’est pourquoi le Gouvernement veut alourdir les sanctions : passer de 2 à 3 ans d’emprisonnement, accompagnés de l’interdiction de posséder un animal (source Gouvernement.fr).

Beautiful shot of chickens on the grass in the farm on a sunny day

Des entreprises de plus en plus engagées en faveur de la protection animale

Comment mesurer l’engagement des entreprises qui disent favoriser le bien-être animal ? La réponse est apportée par l’organisme Business Benchmark on Farm Animal Welfare (BBFAW), qui publie, chaque année, le classement des grands groupes du secteur agroalimentaire à propos de leurs progrès en termes de bien-être animal.

L’année dernière, ce ne sont pas moins de 150 entreprises qui ont été évaluées. Premier fait marquant : aujourd’hui, ce sont presque 80 % des groupes alimentaires qui s’engagent activement en faveur du bien-être animal.

Au niveau mondial, c’est même la première fois que les producteurs et les transformateurs sont les mieux notés dans ce domaine. Avec un score de 38 %, c’est désormais le secteur le plus représenté aux deux premiers niveaux du classement. Pour y arriver, plusieurs grands groupes ont su faire la différence en termes de bien-être animal, parmi lesquels Barilla, Danish Crown, Nestlé, ou encore Unilever… En France, quatre des treize sociétés évaluées ont progressé d’un niveau. Sans oublier que depuis trois ans, Danone reste le groupe français le mieux placé dans le classement, au niveau 2.

Mais alors, comment ces entreprises peuvent agir en faveur du bien-être animal ? Tout simplement en choisissant des matières premières issues d’animaux bien traités. Il peut s’agir d‘œufs de poules élevées en plein air et non en cage, ou de viande de veau élevé en groupe et dans des systèmes sur paille. Il existe même des trophées qui récompensent les entreprises, décernés par l’ONG Compassion in World Farming (source Les Echos et Process Alimentaire)

Insectes pollinisateurs : un maillon indispensable de la biodiversité

Comment contribuer à améliorer le bien-être animal

Mieux informer les consommateurs sur le bien-être animal

Nous le disions plus haut, ce qui permettra à terme d’éviter maltraitance, abandon et autre cruauté envers les animaux, c’est l’information et bien sûr, la sensibilisation qui en découle. Et plus jeunes les enfants sont éduqués concernant ces sujets, meilleurs seront les résultats.

Pour les moins jeunes, il sera également bientôt possible de s’informer grâce à des étiquettes apposées sur les produits, indiquant la mention « bien-être animal ». Mais déjà, de petites actions en faveur du bien-être animal peuvent être de choisir des œufs de poules élevés en plein air (source Réussir)…

Mettre fin à l’élevage intensif et transformer nos modes de consommation en faveur du bien-être animal

L’élevage intensif est encore aujourd’hui la pratique la plus répandue malheureusement. Elle est pourtant opposée en tout point au bien-être animal. Le cofondateur de l’association L214, Sébastien Arsac, confiait au Parisien : « En finir avec l’élevage intensif pourrait éviter 80 % de la souffrance animale en France ».

Conclusion

Le bien-être animal est un concept assez récent. Juridiquement, les premières traces écrites à ce sujet ne datent que d’une cinquantaine d’années. Pourtant, cela fait des millénaires qu’Hommes et animaux coexistent, bien souvent, aux dépens du bien-être animal.

Heureusement, l’évolution générale des comportements tend vers une réévaluation du statut des animaux, pour l’élever à une place équivalente à celle de l’Homme. Grâce à de nombreuses mesures, des lois, mais aussi et surtout grâce à de nombreuses associations qui militent au quotidien pour les droits des animaux, ces derniers s’en voient mieux protégés, même s’il reste encore de nombreux progrès à faire.

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Crédit photo : Wirestock

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