France
Zoom sur les nouvelles techniques de génie écologique au service des territoires
Face à l'érosion de la biodiversité, à l'artificialisation des sols et à l'intensification des événements climatiques extrêmes, les professionnels du paysage sont confrontés à de nombreux défis.
Et si la nature elle-même était le meilleur ingénieur ? C’est le pari du génie écologique : utiliser le vivant pour préserver, restaurer, et développer les milieux naturels et urbains, en complément ou en alternative des techniques classiques.
En quoi consiste le génie écologique ? Quels sont ses champs d’application et ses bénéfices ? Quelles sont les dernières innovations face aux nouveaux enjeux climatiques et réglementaires ? Aujourd’hui, zoom sur les nouvelles techniques du génie écologique au service des territoires !
Comprendre le génie écologique : histoire, techniques et champs d’application
Le vivant comme allié de l’aménagement paysager : les grands principes du génie écologique
Le génie écologique est une discipline qui combine les principes de l’ingénierie traditionnelle et de l’écologie scientifique pour concevoir, restaurer et gérer les écosystèmes de manière durable. Le génie écologique s’appuie sur le concept fondamental de résilience qui désigne la capacité des milieux naturels à se reconstruire après une perturbation.
En imitant ou en amplifiant les processus naturels plutôt qu’en les contournant, il permet de créer des solutions durables qui répondent à la fois aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques des collectivités. En maximisant les services écosystémiques comme la purification de l’eau, la protection contre les inondations, la régulation climatique, la séquestration du carbone ou encore la stabilisation des sols, le génie écologique répond simultanément aux besoins des populations et aux grands défis écologiques contemporains. Enfin, ces solutions s’avèrent souvent plus rentables à long terme que les techniques et infrastructures grises traditionnelles.
Reconnue comme pilier de la transition écologique, la filière est aujourd’hui structurée autour de l’UPGE, de l’UNEP, de l’A-IGéco et de l’AFIE, et soutenue par de nombreux organismes de référence comme l’OFB et les Agences de l’Eau.
Techniques et domaines d’application : des savoir-faire multiples au service des enjeux contemporains
Pour répondre à ces enjeux, le génie écologique suit une méthodologie en trois étapes : diagnostic et études, ingénierie et mise en œuvre, suivi et évaluation, le tout à travers plusieurs grandes catégories d’intervention :
- Restauration et entretien des milieux terrestres : gestion différenciée, faucardage, écopâturage, suivi continu des écosystèmes.
- Restauration morphologique des sols : diagnostic préalable, décompaction, amendements organiques, revégétalisation avec espèces locales adaptées.
- Phytoremédiation et bio-épuration : traitement et purification naturels des sols et des eaux par les plantes et micro-organismes, création de zones humides épuratrices.
- Restauration en milieu aquatique : renaturation des berges, reconstitution de ripisylves, reméandrage des cours d’eau rectifiés, restauration des continuités écologiques.
- Gestion des espèces végétales exotiques envahissantes (EVEE) : diagnostics, méthodes mécaniques ciblées, écopastoralisme, suivi pluriannuel.
- Aménagements et ouvrages pour la faune et la flore : écoducs, crapauducs, hibernacula, nichoirs, hôtels à insectes, passages souterrains, ponts végétalisés, semis de prairies fleuries avec essences certifiées.
- Génie végétal : fascines, clayonnage, bouturage, hydro-ensemencement, géotextiles biodégradables, lits de plants et plançons.
- Solutions fondées sur la nature (SFN) : gestion intégrée des eaux pluviales, toitures et murs végétalisés, trames vertes et bleues en milieu urbain, adaptation des palettes végétales au changement climatique.
Sols, cours d’eau et biodiversité : les trois grands champs d’intervention du génie écologique
Restauration des sols et des milieux terrestres
En France, plus de 60 000 hectares de terres naturelles sont dégradés chaque année sous l’effet de l’urbanisation et des activités humaines, menaçant directement la biodiversité, le cycle de l’eau et la séquestration du carbone. Pour y répondre, le génie écologique déploie un large éventail de techniques complémentaires. Les fascines, clayonnages et bouturages stabilisent talus et berges grâce à l’enracinement progressif des végétaux. Des ouvrages qui gagnent en solidité avec le temps, contrairement aux solutions minérales. Sur les sols nus ou dégradés, l’hydro-ensemencement projette hydrauliquement un mélange de semences, fertilisants et paillis pour déclencher une revégétalisation rapide, même sur les terrains les plus difficiles. Lorsque les sols sont contaminés, la phytoremédiation prend le relais : certaines plantes ont la capacité d’extraire, de dégrader ou d’immobiliser les polluants métalliques et organiques. Le génie écologique terrestre s’étend aussi à la réhabilitation de friches industrielles, minières et ferroviaires, à la renaturation urbaine (désimperméabilisation, revégétalisation des cours d’écoles) et aux transferts de fauche avec des essences certifiées label Végétal Local, garantissant l’adéquation des espèces au milieu d’accueil. Enfin, la gestion différenciée (fauche tardive, zéro phyto, valorisation de la végétation spontanée) ou encore l’écopâturage (bovins, ovins, équidés) entretiennent naturellement les milieux prairiaux et humides, tout en favorisant la continuité des trames brunes.
Restauration des berges, des zones humides et des milieux aquatiques
Les cours d’eau et les zones humides comptent parmi les milieux les plus riches en biodiversité, mais aussi les plus menacés. En France, 50 % des zones humides ont disparu depuis le début du XXe siècle. La renaturation des berges constitue l’intervention emblématique du génie écologique aquatique. Elle comprend notamment la suppression des enrochements, le traitement des espèces invasives, le reprofilage écologique, la diversification des écoulements et des banquettes végétalisées, ou encore la reconstitution de ripisylves. Une berge ainsi restaurée absorbe jusqu’à 20 fois plus d’eau qu’une berge minéralisée, réduisant significativement les risques d’inondation pour les zones urbaines adjacentes. Le reméandrage restaure quant à lui la morphologie naturelle des cours d’eau rectifiés : en recréant méandres et habitats variés, il ralentit l’écoulement, reconnecte la rivière à ses zones humides et favorise le retour de la faune aquatique. La gestion hydraulique douce complète ces interventions : désimperméabilisation, dispositifs de ralentissement dynamique et reconnexion des cours d’eau à leurs plaines d’inondation pour absorber naturellement les crues. Ces interventions mobilisent un matériel amphibie spécialisé, adapté aux milieux sensibles et à faible impact écologique. La création ou la restauration de zones humides (mares, prairies inondables, roselières…) complète ce dispositif en reconnectant ces milieux à la rivière avec de nombreux services écosystémiques à la clé : épuration naturelle des eaux, régulation des crues, refuge pour les amphibiens, libellules et oiseaux migrateurs.
Enfin, comme pour les sols, la bio-épuration/phytoremédiation utilise plantes et micro-organismes pour filtrer et dépolluer naturellement les eaux.
Trames verte, bleue, brune et noire : la restauration des continuités écologiques
La fragmentation des habitats naturels est aujourd’hui l’une des principales causes du déclin de la biodiversité. Le génie écologique répond à cet enjeu en déployant différents outils pour restaurer les continuités écologiques.
- La trame verte consiste à restaurer et à préserver le réseau de corridors terrestres pour permettre aux espèces de se déplacer, se reproduire et s’adapter à l’urbanisation et au changement climatique.
- La trame bleue vise à restaurer, reconnecter et préserver les continuités aquatiques pour garantir la qualité des ressources en eau, protéger la biodiversité associée et garantir la fonctionnalité optimale et durable des écosystèmes aquatiques.
- La trame brune permet de restaurer et de préserver les réseaux de corridors pédologiques assurant la continuité et la fonctionnalité écologiques des sols et de leur biodiversité souterraine.
- La trame noire lutte contre les pollutions lumineuses et sonores qui perturbent le cycle de vie d’au moins 30 % des espèces nocturnes.
Pour compléter ces dispositifs, les écoducs, crapauducs, passages souterrains et ponts végétalisés permettent à la faune de traverser routes et infrastructures sans risque. Enfin, des hibernacula, pierriers, nichoirs, hôtels à insectes et zones protégées offrent des refuges et des habitats à une faune diversifiée.
Trame verte, trame bleue, trame noire : des éléments essentiels pour penser l’aménagement urbain
Les innovations du génie écologique : quand la nature inspire des solutions toujours plus performantes
Inondations et biodiversité : la Nartuby, un modèle de génie végétal innovant
Dans le Var, la restauration de la rivière de la Nartuby illustre parfaitement l’évolution contemporaine du génie végétal : celle d’une discipline qui hybride ses techniques traditionnelles avec le génie civil pour démultiplier son efficacité. En collaboration avec la Forézienne et Eiffage Génie Civil, idverde a mobilisé 30 de ses collaborateurs depuis les agences de Nice, de Marseille et du Var. Au cœur de ce chantier, le déploiement d’une combinaison de caissons en rondins, de géotextiles coco et de bouturage sur talus. Ce chantier intègre également le traitement de la consoude bulbeuse, une espèce envahissante menaçant les berges, associé à un suivi pluriannuel des populations aquatiques.
Un projet qui illustre la montée en puissance des solutions fondées sur la nature multifonctions. En restaurant les berges de la Nartuby, les équipes répondent simultanément à plusieurs enjeux, notamment ceux de la préservation de la biodiversité aquatique et de la gestion des risques d’inondation.
L’ADN environnemental et les outils numériques : une autre manière d’innover avec le génie écologique
L’ADN environnemental est une autre innovation prometteuse compatible avec le génie écologique. En prélevant simplement un échantillon d’eau ou de sol, il est désormais possible d’identifier les espèces présentes sur un site sans aucune observation directe : un outil révolutionnaire pour évaluer le retour du vivant avant et après une restauration, notamment sur les sites les plus sensibles.
Chez idverde, ces approches s’appuient sur des outils numériques de terrain comme les drones, capteurs et systèmes d’informations géographiques pour assurer le diagnostic, le suivi scientifique et l’évaluation pluriannuelle de la résilience des sites restaurés.
Plants mycorhizés : la biotechnologie au service de la revégétalisation des sites dégradés
Parmi les innovations les plus prometteuses du génie écologique, la mycorhization artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour la revégétalisation des sites les plus dégradés. Le principe de cette technique ? Inoculer artificiellement des champignons mycorhiziens dans les racines des plants avant leur mise en terre.
Une fois en place, ces champignons forment une symbiose durable avec les végétaux. Parmi les bénéfices à la clé, une meilleure l’absorption d’eau et des nutriments, une plus grande résistance aux stress environnementaux et une accélération considérable de la vitesse de végétalisation.
Le génie écologique, une expertise idverde toujours à la pointe de l’innovation
Savoir-faire et partenariats : comment idverde œuvre par le génie écologique
Leader français et européen du paysagisme, idverde fait du génie écologique l’un de ses axes stratégiques majeurs.
Pour assurer les services écosystémiques essentiels et répondre aux besoins des territoires en matière de cadre de vie, de biodiversité et de défis climatiques, nos équipes couvrent l’ensemble du spectre d’intervention du génie écologique :
- Restauration des milieux terrestres,
- Restauration des milieux humides et aquatiques,
- Solutions fondées sur la nature (SFN),
- Gestion des espèces végétales exotiques et envahissantes (EVEE).
Pour y parvenir, notre groupe s’appuie sur trois piliers essentiels :
- La science et l’expertise écologique : ingénierie intégrée, partenariats avec les Agences de l’Eau, l’OFB et les collectivités,
- L’innovation et les SFN : drones, SIG, capteurs, techniques et matériels à faible impact,
- L’engagement collectif : partenariats avec l’UPGE, l’UNEP, la LPO, et participant au programme Entreprises engagées pour la nature.
Avec plus de 100 agences locales, des partenariats avec des écologues et bureaux d’études spécialisés et plus de 15 ans d’expérience dans la gestion des EVEE, idverde figure également dans l’annuaire national du génie écologique comme acteur de référence de la filière.
Des réalisations concrètes au service de l’environnement et des territoires
Chez idverde, le génie écologique se passe avant tout sur le terrain, chantier après chantier, à travers des interventions variées sur l’ensemble du territoire :
- Canal du Midi (Toulouse) : restauration des plantations et des berges sur 250 km suite à l’épidémie de chancre coloré. 42 000 arbres remplacés et 3 ans d’entretien post-plantation assurés, pour le compte de Voies Navigables de France.
- Marais de Tasdon (La Rochelle) : 10 ha de zones humides restaurées, 63 000 hélophytes plantés.
- Friches minières (Hauts-de-France) : réhabilitation de sites dégradés, reconstitution de pelouses calcicoles et accueil de pollinisateurs.
- Berges urbaines (Maisons-Laffitte) : désimperméabilisation, traitement des espèces invasives et plantations locales.
- Rivières Suippe et Seine : renaturation des berges, traitement des renouées asiatiques et restauration des continuités écologiques.
- Hydro-ensemencement (France entière) : transformation de 485 000 m² d’espaces dégradés en zones de biodiversité, 145 litres de glyphosate économisés par an sur 14 sites.
Conclusion
Aujourd’hui plus que jamais, le génie écologique offre une réponse scientifique, écologique et opérationnelle face aux grands défis environnementaux, sociaux et économiques des territoires. En imitant la nature et en s’appuyant sur la résilience des écosystèmes, le génie écologique permet de couvrir plusieurs domaines d’interventions majeurs :
- La restauration des milieux terrestres, humides et aquatiques,
- La gestion des espèces végétales exotiques et envahissantes (EVEE),
- Les aménagements pour la faune et la flore,
- La bio-épuration,
- Le génie végétal et les solutions fondées sur la nature (SFN).
Acteur de référence du génie écologique en France et en Europe, idverde mobilise chaque jour ses équipes, ses innovations et ses partenariats pour restaurer, préserver et développer les milieux naturels au service des territoires !
Redonner vie aux cours d’eau grâce à la renaturation des berges