Quelles bonnes nouvelles environnementales le mois de juin nous a-t-il apportées en matière de développement durable et de transition écologique ?
Après des années marquées par des alertes climatiques et la perte de biodiversité, ce début d’été offre son lot d’avancées encourageantes.
Des initiatives politiques ambitieuses, des succès de conservation et des progrès technologiques témoignent ainsi d’un véritable élan positif en faveur de la planète.
Tour d’horizon, en France et à l’international, des faits marquants qui renforcent l’espoir d’un avenir plus vert.
La France annonce la plus grande aire marine protégée au monde
En juin, la France a pris une décision historique de protection de la nature à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC) qui se tenait à Nice.
Le gouvernement français a en effet annoncé la création de la plus grande aire marine protégée (AMP) de la planète en Polynésie française.
Concrètement, cela signifie que la quasi-totalité de la zone économique exclusive polynésienne, soit 4,8 millions de km², sera placée sous protection, dont 900 000 km² en protection stricte.
Jamais un espace marin aussi vaste n’avait bénéficié d’un statut de préservation aussi élevé. Cette mesure ambitieuse illustre la volonté des autorités de sauvegarder les écosystèmes marins et la biodiversité exceptionnelle des océans du Pacifique.
Les retombées de cette initiative dépassent le cadre national.
Grâce à l’AMP polynésienne et à d’autres engagements pris par divers pays lors du sommet de Nice, la surface totale des océans protégés dans le monde va donc passer d’environ 8,3 % fin 2024 à plus de 12 %.
Il s’agit donc d’une augmentation de 30 % des aires marines protégées à l’échelle globale, rapprochant ainsi significativement la communauté internationale de l’objectif de 30 % d’océans protégés d’ici à 2030 (objectif fixé par l’accord mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal).
En protégeant mieux ses eaux, la France envoie ainsi un signal fort : la préservation de la biodiversité marine et la lutte contre la surpêche et les pollutions océaniques deviennent des priorités concrètes.
Cette bonne nouvelle environnementale illustre qu’avec de la volonté politique et une coopération internationale, il est possible de défendre les écosystèmes fragiles sur une vaste échelle.
Un pas de plus vers la sauvegarde du patrimoine naturel mondial.
Baisse inédite des émissions de CO₂ : la Chine montre l’exemple
Le recul observé ce mois-ci sur les émissions chinoises mérite un éclairage spécifique : il traduit, au-delà des chiffres, un changement structurel dans la trajectoire carbone de la première économie mondiale.
Un ralentissement mesurable des émissions chinoises
Sur le front du climat, le mois de juin apporte une bonne nouvelle environnementale.
Pour la première fois, la Chine, plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre, a en effet entamé une baisse de ses émissions de CO₂.
D’après une analyse scientifique publiée ce trimestre, les émissions chinoises ont diminué de 1,6 % au premier trimestre 2025 par rapport à l’année précédente.
Et de 1 % sur les douze derniers mois.1.
Cette inflexion, bien que modeste, est cependant riche de sens.
Car elle s’explique non par un ralentissement économique, mais bien par une transition énergétique interne accélérée.
En effet, la Chine a massivement développé ses capacités d’énergie propre (solaire, éolien, hydraulique et même nucléaire).
Au point que ces sources renouvelables ont pu couvrir l’augmentation de la demande d’électricité et réduire la production des centrales à charbon.
C’est la première fois qu’une telle baisse des émissions chinoises est attribuée à l’essor des énergies vertes et non à une crise conjoncturelle.
Ce tournant laisse entrevoir le pic des émissions du pays plus tôt que prévu.
Un signal positif salué par la communauté scientifique
Ce ralentissement des émissions en Chine est salué unanimement par les experts du climat.
Le climatologue Jean Jouzel, ancien vice-président du GIEC, y voit un motif d’espoir concret : « Je prends comme une très bonne nouvelle le fait que les émissions de CO₂ de la Chine commencent à diminuer » affirme-t-il, soulignant que le pays pourrait atteindre son pic d’émissions bien avant l’échéance de 2030 prévue dans l’Accord de Paris.
En d’autres termes, l’effort chinois en matière d’énergies propres commence à porter ses fruits de manière tangible.
Cette tendance reste à se confirmer sur la durée, mais elle montre qu’avec des investissements et des politiques adéquats, même les économies les plus polluantes peuvent infléchir la courbe de leurs rejets de gaz à effet de serre.
La nouvelle est d’autant plus positive qu’elle intervient alors que les émissions de CO₂ de nombreux pays développés sont déjà orientées à la baisse.
La France, par exemple, poursuit une diminution progressive de ses propres émissions depuis plusieurs années.
Voir l’économie la plus émettrice au monde s’engager à son tour sur la voie de la décarbonation alimente l’optimisme croissant mais prudent des acteurs engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Transition énergétique : l’essor des énergies renouvelables s’accélère
La dynamique observée ce mois-ci confirme que le secteur énergétique se transforme à un rythme inédit.
Le contexte géopolitique reste volatil, mais les signaux convergent : la transition écologique repose désormais sur des volumes d’investissement et des réalisations concrètes qui dépassent toute projection antérieure.
Investissements records dans l’énergie durable
Le mois de juin confirme également un mouvement de fond en matière d’énergie propre.
La transition écologique s’accompagne en effet d’une montée en puissance sans précédent des sources d’énergie durable.
Selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les investissements mondiaux dans le secteur énergétique devraient atteindre un niveau record d’environ 3 300 milliards de dollars en 2025.
Dont 2 200 milliards consacrés aux technologies d’énergie renouvelable et autres solutions propres.
Soit deux fois plus que les investissements prévus dans les énergies fossiles.
Malgré un contexte géopolitique incertain, la volonté de réduire la dépendance aux combustibles fossiles et de réduire l’empreinte carbone stimule massivement le financement de projets verts.