Au cœur des défis contemporains, la pollution urbaine menace à la fois la santé publique et la qualité de vie des populations, mais aussi l’environnement et la biodiversité.
Et contrairement aux idées reçues, la pollution urbaine ne concerne pas seulement l’air, mais impacte également tous les écosystèmes essentiels à la vie situés à l’intérieur et autour des villes.
Mais alors, qu’est-ce que la pollution urbaine ? Quelles en sont les causes et les conséquences ? Comment agir avec la nature pour restaurer un environnement urbain sain et durable ? Aujourd’hui, découvrons comment les espaces verts permettent de lutter contre la pollution urbaine !
Qu’est-ce que la pollution urbaine ?
Au sens large du terme, la littérature scientifique décrit la pollution urbaine comme l’ensemble des altérations physiques, chimiques ou biologiques de l’environnement liées aux activités humaines en ville.
Concrètement, la pollution urbaine comprend à la fois la pollution de l’air, de l’eau et des sols, ainsi que les pollutions sonores et lumineuses.
La pollution de l’air
La pollution atmosphérique correspond à la présence de substances nocives dans l’air, sous forme de gaz ou de particules, en concentrations dépassant les seuils naturels ou réglementaires.
Parmi les principaux polluants de l’air, nous retrouvons les particules fines (PM₁₀ et PM₂.₅) ; les oxydes d’azote (NO, NO₂…) ; le dioxyde de soufre (SO₂) et l’ozone (O₃) ; les composés organiques volatils (COV) ; les métaux lourds (plomb, cadmium, nickel…) ; ainsi que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
La pollution de l’air provient principalement de la combustion des carburants fossiles par les transports, du chauffage résidentiel et tertiaire, du BTP ou encore des activités agricoles et industrielles.
La pollution de l’air affecte surtout la santé publique, avec une hausse des maladies respiratoires chroniques et plus de 40 000 décès prématurés qui lui sont attribués chaque année en France.
Elle dégrade également l’environnement, provoquant pluies acides, contamination des eaux, des sols et de la biodiversité, baisse de la photosynthèse des végétaux et pertes de rendements agricoles.
Enfin, elle entraîne des coûts sanitaires et économiques directs et indirects estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an en France.
Comment agir face à la pollution atmosphérique des grandes et petites agglomérations ?
La pollution de l’eau
En milieu urbain, les eaux de ruissellement lessivent les routes, les parkings et les toitures, entraînant avec elles les hydrocarbures, les métaux lourds, les déchets et les microplastiques, les matières organiques, ainsi que les composés chimiques persistants.
Une partie de ces polluants s’infiltre dans le sol avant de rejoindre les milieux aquatiques naturels comme les cours d’eau, les zones humides et les nappes phréatiques.
Dans ces milieux naturels, la pollution de l’eau peut provoquer une intoxication chimique ou microbiologique des espèces, des perturbations endocriniennes ou encore une eutrophisation des milieux.
Finalement, ce cocktail de polluants entraîne une surmortalité de la faune et de la flore dans les milieux aquatiques naturels.
À terme, ces contaminants peuvent également se retrouver dans les réseaux de distribution d’eau potable, majoritairement issue des nappes phréatiques et des eaux de surface.
En effet, bien que les systèmes de traitement éliminent la majorité des substances indésirables, certaines molécules persistantes, notamment les PFAS, échappent encore aux procédés actuels.
Détectés dans près d’un tiers des analyses des eaux de consommation françaises en 2024, ces “polluants éternels” alertent désormais les autorités sanitaires.
La pollution des sols
Un sol est considéré comme pollué lorsque des substances chimiques ou exogènes altèrent sa microfaune et ses fonctions écologiques essentielles.
En milieu urbain, ces pollutions proviennent principalement des retombées atmosphériques, des eaux de ruissellement, des activités industrielles et agricoles passées et actuelles, du trafic routier, mais aussi de la mauvaise gestion des déchets et de l’artificialisation des terrains.
Les principaux polluants du sol regroupent les métaux lourds, les hydrocarbures, les HAP, les résidus de pesticides, les solvants, ainsi que différents composés organiques persistants.
Ces substances dégradent la structure et la fertilité des sols, perturbent la faune et la flore terrestre et souterraine et peuvent soit retourner dans l’air via l’évaporation, soit migrer vers les cours d’eau et les nappes phréatiques.
Enfin, comme les sols se renouvellent très lentement, ces contaminations peuvent persister plusieurs décennies.
La pollution sonore
La pollution sonore désigne l’exposition prolongée à des niveaux de bruit excessifs. En ville, elle provient principalement du trafic routier, ferroviaire et aérien, des chantiers, ainsi que des activités industrielles, artisanales et commerciales.
Sur le plan sanitaire, l’exposition chronique au bruit augmente le stress, les troubles du sommeil et les risques cardiovasculaires.
Elle perturbe également la faune urbaine en modifiant leurs comportements de communication, de chasse ou de reproduction.
Selon l’ADEME et le Conseil national du bruit, près de 25 millions de Français sont exposés quotidiennement à plus de 55 dB, seuil de risque établi par l’OMS.
Enfin, en 2018, un rapport de l’ONU classait déjà le bruit comme le deuxième facteur environnemental sanitaire le plus néfaste en Europe après la pollution atmosphérique.
La pollution lumineuse
De son côté, la pollution lumineuse fait référence à un éclairage artificiel nocturne trop intense ou mal orienté. Elle comprend par exemple l’éclairage public surdimensionné, les vitrines, les panneaux lumineux, ainsi que les façades, parkings et sites éclairés en continu.
La pollution lumineuse dégrade la qualité du sommeil humain, perturbe les rythmes biologiques de la faune et de la flore, désoriente les insectes et les mammifères et altère les migrations d’oiseaux.
Selon l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN), son intensité a augmenté de 94 % en Europe entre 1992 et 2017.
Les espaces verts, des alliés majeurs contre la pollution urbaine
Face aux différentes pollutions urbaines, le paysagisme et les espaces verts offrent de nombreuses solutions naturelles et efficaces. Structurés autour de quatre trames écologiques complémentaires, ils permettent de purifier l’air, de filtrer l’eau et de décontaminer les sols, tout en réduisant les nuisances sonores et lumineuses.