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Biodiversité
18 octobre 2021

À la rencontre de la faune urbaine des villes européennes

La faune urbaine désigne toutes les espèces animales sauvages qui vivent et prospèrent dans l’environnement urbain. Ainsi, contrairement à ce que l’on pourrait penser, on peut trouver de nombreuses espèces d’animaux et d’insectes en ville. Mais la richesse de la faune en milieu urbain n’est pas toujours visible par les citadins et c’est pourquoi elle est souvent bien méconnue de ces derniers.

Aujourd’hui, cette biodiversité urbaine suscite de plus en plus l’intérêt des citadins et des pouvoirs publics, car elle est garante du bon fonctionnement de notre écosystème. Or, depuis les années 70, on assiste à une altération importante de la biodiversité dans les villes en raison de la forte urbanisation et des activités humaines.

Alors savez-vous quels animaux sauvages on peut croiser le plus fréquemment dans les villes européennes ?

Quels animaux et insectes peut-on croiser dans nos villes européennes ?

Les oiseaux, les animaux les plus faciles à observer en ville

Le pigeon, l’oiseau incontournable des grandes villes

Au XVIIIe siècle, on élevait les pigeons pour des raisons alimentaires. C’est grâce à la colombophilie que ce volatile a pris place dans les villes à partir du XIXe siècle, notamment pour servir de messager.

C’est pour cela que le pigeon biset, également surnommé « pigeon voyageur », est l’espèce la plus couramment rencontrée dans les villes. Ces oiseaux urbains se nichent aisément dans les cavités et les recoins des bâtiments, dans les greniers ou les halls de gare. On en dénombre ainsi 23 000 dans la capitale française.

Oiseau caractéristique des villes et parfaitement adapté au mode de vie urbain, le pigeon se nourrit des nombreux déchets à sa disposition.

Notons que l’on peut également trouver à Paris, le pigeon colombin ou encore le pigeon ramier, surnommé « palombe ». Ces espèces de pigeons, quant à eux, ont la particularité de construire leur nid dans les arbres.

Le moineau domestique, une espèce en déclin

Ce petit volatile, présent dans les villes, connaît une chute de population importante depuis ces dernières décennies. En effet, 70 % des moineaux auraient déjà disparu de nos campagnes depuis les années 80.

Plus encore, on a observé à Paris la disparition inquiétante des trois quarts des moineaux de la capitale en l’espace de seulement 10 ans. À Londres, le moineau est même considéré comme une espèce menacée car il a quasiment disparu de la circulation. C’est également le cas dans plusieurs grandes villes européennes.

On peut expliquer la disparition de ces volatiles par le manque d’habitat, la difficulté à s’alimenter et la pollution.

Effectivement, l’évolution grandissante de l’urbanisation diminue les habitats de la faune urbaine, notamment en restreignant les sites de nidification des oiseaux. Ainsi, face à la modernisation des bâtiments dans les villes, les moineaux ont du mal à trouver des cavités pour construire leurs nids.

Ensuite l’utilisation de pesticides diminue significativement la quantité d’insectes, nourriture principale du moineau. Enfin, cette race d’oiseau vulnérable est relativement fragilisée par la pollution.

Le faucon crécerelle, le seul rapace à chasser en ville

En danger d’extinction dans les années 60 à cause des activités de braconnage, la population de faucons s’est reconstituée peu à peu mais reste encore rare.

Cet oiseau prestigieux, originaire des Vosges où il évoluait au sein des parois rocheuses, est arrivé récemment dans les villes.

En effet, ce rapace diurne est l’oiseau de proie de la faune urbaine que l’on retrouve le plus fréquemment dans les zones habitées d’Europe. Il est vrai que le faucon est un volatile capable de s’adapter à de nombreux milieux.

On peut l’apercevoir, perché sur des clôtures, dans les parcs en ville ou sur les voies ferrées, mais également sur les tours d’églises et les cheminées d’usine.

Plus présent en périphérie, le faucon crécerelle vient toutefois chasser ses proies au cœur des villes pour se nourrir d’autres espèces d’oiseaux comme les pigeons par exemple. Il s’alimente également avec de gros insectes, des lézards et autres petits mammifères.

L’exotique perruche à collier

Issu de la famille des perroquets, ce volatile exotique se développe progressivement dans les villes européennes et particulièrement dans le nord de l’Europe. Arrivé en Europe dans les années 70, cet ancien oiseau de compagnie était destiné à être domestiqué en cage. Mais relâchée en plein air, la perruche s’est reproduite et son espèce n’a cessé de croître depuis.

Dans certaines villes, la perruche est présente par milliers. Ainsi on a recensé pas moins de 50 000 perruches à Londres.

Bien qu’originaire des zones tropicales, la perruche à collier s’adapte parfaitement bien au climat des villes européennes et particulièrement à celles situées au bord des côtes. Cet oiseau à la robe vert pomme s’alimente principalement des déchets urbains, dont notamment les fruits et graines, qui constituent la base de son alimentation.

Les perruches construisent leurs nids dans les cavités des arbres, des murs ou des roches et s’imposent facilement face aux autres espèces d’oiseaux urbains car elles sont de taille plus importante et nichent en groupe.

Les insectes, ces invisibles qui vivent à nos côtés

Le retour des abeilles en ville

Il ne faut pas oublier les bénéfices que certaines espèces de la faune urbaine procurent aux villes. C’est le cas des abeilles, essentielles pour préserver la biodiversité.

Cette pollinisatrice est malheureusement en danger. Le réchauffement climatique et l’utilisation importante de pesticides sont les principales causes de la disparition de cet insecte essentiel.

Depuis une dizaine d’années, les abeilles réinvestissent les villes. Ce retour des abeilles en ville s’explique essentiellement par le fait que l’utilisation de pesticides est moins fréquente en milieu urbain que dans les zones rurales. Ainsi les jardins urbains leur servent de refuge, car ils sont moins hostiles que les zones rurales soumises à l’utilisation intensive de pesticides nocifs pour les insectes.

Par ailleurs, de nombreuses associations de sauvegarde des abeilles voient le jour dans les villes. À Paris, des centaines de ruches sont gérées par des associations et certaines offrent même la possibilité d’en parrainer.

Des opérations ont également été menées pour semer différentes sortes de fleurs dans la ville de Paris pour que les abeilles puissent butiner et continuer ainsi à être garantes de la biodiversité en ville.

Les moustiques, les insectes les plus indésirés des citadins

Les moustiques font partie des espèces de la faune urbaine particulièrement nuisibles. Ils envahissent nos jardins, et les zones humides sont particulièrement favorables à leur développement. Face à l’invasion considérable de moustiques dans les villes, les riverains s’enferment dans les maisons et n’osent plus profiter de leurs coins de verdure.

Les municipalités tentent de lutter contre leur prolifération en utilisant des produits préventifs inoffensifs pour le reste de la faune et la flore. Ainsi, elles recensent les zones humides et les traitent avec un bio insecticide qui élimine les larves présentes dans l’eau stagnante. L’utilisation de pesticides pour venir à bout des moustiques adultes est impossible car elle risquerait d’être nocive pour les abeilles.

Mais notons que la quantité de moustiques classiques est relativement stabilisée. Le problème est surtout relatif à l’essor du moustique tigre, venu d’Asie, qui fait partie de ce que l’on appelle les espèces envahissantes. Ce dernier se développe dans 80 % des cas dans les jardins des particuliers. C’est contre cette espèce qu’il faut lutter et il s’avère difficile pour les municipalités de traiter les jardins des riverains.

Les libellules, espèce clé de la chaîne alimentaire

Les libellules ont trouvé leur place en ville. On compte ainsi une vingtaine d’espèces d’odonates à Paris dont l’agrion élégant, l’æschne bleue, le leste vert ou encore l’anax empereur, considéré comme étant une des plus grandes libellules d’Europe.

Les libellules se nourrissent principalement de moucherons et de moustiques. Elles évoluent à proximité des points d’eau. Souvent, elles se servent des mares pour déposer leurs larves durant la saison hivernale. Mais elles peuvent également se satisfaire d’eau de piètre qualité, comme celle de la Seine. Des mares ont d’ailleurs été installées dans la capitale pour offrir des refuges aux libellules citadines. En effet, ce maillon fort de la chaîne alimentaire joue un rôle important dans l’équilibre de l’écosystème et notamment en régulant les populations de moustiques au bord des mares.

Favoriser le développement de la biodiversité, une préoccupation au cœur des projets idverde

Les mammifères sauvages que l’on peut croiser en ville

Les ratons laveurs, une espèce importée des États-Unis

Originaires d’Amérique, les ratons laveurs sont arrivés sur le continent européen avec l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale. Cette espèce s’est adaptée à l’environnement européen, en vivant tant à proximité des cours d’eau et des forêts qu’à proximité des villes, où elle peut trouver refuge dans les parcs et les égouts.

Omnivore, le raton laveur se nourrit d’insectes, de vers et de petits rongeurs mais aussi d’animaux aquatiques et de végétaux. Il peut trouver largement de quoi se nourrir dans les poubelles de la ville où on le retrouve fréquemment. On a dénombré ainsi jusqu’à 500 ratons laveurs à Madrid et ils sont également nombreux à se promener à Berlin.

En plein développement sur le territoire français, le raton laveur s’est parfaitement adapté, d’autant qu’il ne dispose que de rares prédateurs sur le continent européen. Classé nuisible en France depuis 2016 et également comme espèce invasive par le Conseil de l’Europe, son éradication est conseillée car, en s’attaquant à la faune locale, il constitue une menace pour la biodiversité.

La chauve-souris, la reine de la nuit

De nombreuses espèces de la faune urbaine sont considérées comme nuisibles par les citadins. C’est le cas de ce petit mammifère volant au physique effrayant, qui est pourtant une espèce protégée depuis 1976.

Animaux très utiles, les chauves-souris jouent un rôle important dans l’écosystème, en ingurgitant un nombre impressionnant d’insectes chaque nuit, ce qui a pour effet de protéger l’homme et les cultures. Par ailleurs, leurs déjections peuvent servir de fertilisant naturel (le guano).

Les chauves-souris dorment tête en bas, suspendues à des branches ou des charpentes. Elles apprécient particulièrement les milieux humides pour hiberner durant l’hiver.

On retrouve la chauve-souris dans de nombreuses régions françaises près des cours d’eau, dans les sous-bois mais également dans les villes.

Dans les zones urbaines, elles trouvent refuge dans les charpentes ou les clochers ensoleillés mais également dans les habitations, à l’intérieur des murs ou dans des tas de bois. On peut trouver dix espèces de chauves-souris à Paris. Certaines vivent dans les jardins, comme la Pipistrelle, et d’autres dans les bois, comme la Noctuelle qui s’est installée notamment au bois de Boulogne et au bois de Vincennes.

Le renard roux, un nouvel habitant au cœur des villes

Apparue dans les années 40 en Angleterre, les municipalités anglaises ont essayé, sans succès, d’éliminer cette espèce de leurs villes. Aujourd’hui, on assiste à une forte augmentation du nombre de renards dans les villes britanniques où l’on en dénombre plus de 30 000. On peut d’ailleurs en trouver environ 10 000 à Londres, où ils disposent de nombreux espaces verts favorables à leur développement.

Depuis les années 80, la présence du renard s’est étendue sur tout le continent européen. De plus, sa présence est croissante au cœur des villes, car les renards sont attirés par la nourriture et viennent se nourrir des déchets présents dans les nombreuses poubelles. Ils trouvent également refuge au sein de l’espace urbain dans les jardins publics.

À Paris, on compte une centaine de renards, principalement situés au bois de Boulogne et au bois de Vincennes.

Conclusion

Compte tenu du rôle clé des animaux et des insectes de nos villes pour le bon fonctionnement de notre écosystème, il est important de trouver des solutions pour favoriser le développement de la faune urbaine et préserver la richesse de la biodiversité.

Cette biodiversité peut se développer spontanément dans différents milieux mais les activités humaines sont un frein à leur croissance, notamment du fait de l’urbanisation qui entraîne une disparition des habitats de ces espèces.

Ainsi il est important de protéger la biodiversité dans les villes en favorisant l’aménagement d’habitats propices à la faune urbaine, comme les espaces verts, les étangs ou encore les ruches. La végétalisation des villes et la réduction de l’utilisation de produits chimiques sont des solutions favorables à la sauvegarde des animaux en ville.

Quand la Biodiversité s’invite au Patrimoine mondiale de l’ONU. Le « Cercle Immense » de La Saline Royale d’Arc et Senans

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