Face à l’urbanisation et aux pressions environnementales croissantes, les grands parcs urbains sont des refuges essentiels pour la biodiversité en ville.
Qu’est-ce que la faune et la flore des grands parcs urbains ? Quelles sont les menaces qui pèsent sur ces écosystèmes fragiles ? Quelles sont les solutions naturelles les plus efficaces pour restaurer et conserver ces espaces ? Aujourd’hui, zoom sur la préservation de la biodiversité dans les grands parcs urbains !
Quelle biodiversité retrouve-t-on dans les grands parcs urbains ?
Abritant un mélange complexe d’habitats, de faune et de flore variés, les grands parcs urbains renferment une richesse écologique souvent insoupçonnée.
Des milieux et des habitats variés pour accueillir la biodiversité
Bien plus qu’un simple espace vert, un parc urbain fonctionne comme un écosystème à part entière. Dans les grands parcs urbains, nous pouvons distinguer plusieurs grands types de milieux :
- Les milieux terrestres : boisements, prairies, friches, lisières, milieux minéraux…
- Les milieux aquatiques et humides : lacs, étangs, mares, zones humides, roselières…
- Les milieux artificiels ou anthropisés : serres botaniques, fermes pédagogiques, vergers et potagers…
Interconnectés et complémentaires, ce sont ces milieux qui servent d’habitats aux nombreuses espèces végétales et animales des grands parcs urbains !
Une flore riche : entre essences locales et espèces exotiques
Dans les grands parcs urbains, la flore est composée d’essences indigènes adaptées au climat local auxquelles s’ajoutent des espèces exotiques qui évoluent en plein air ou sous serre.
Parmi les grandes familles végétales des parcs urbains français, nous retrouvons par exemple les grands feuillus (chênes, érables, tilleuls, platanes…) mais aussi les conifères (pins noirs, cèdres, séquoias…).
Ces strates arborées sont complétées par un large cortège d’arbustes décoratifs (rhododendrons, lauriers-tins…) ; d’essences fruitières d’ornement (pruniers pourpres, cerisiers du Japon…) ; de plantes vivaces mellifères (lavandes, sauges…) ; et de zones fleuries favorables à la biodiversité composées de coquelicots, de bleuets ou encore de trèfles.
Enfin, certains parcs intègrent également des espaces nourriciers sous forme de potagers urbains et de vergers, tandis que les jardins botaniques accueillent de nombreuses essences tropicales, subtropicales et exotiques en extérieur et sous serre.
Une faune diversifiée : des espèces locales aux réserves zoologiques
En plus de leur richesse végétale, les grands parcs urbains abritent aussi une faune diversifiée.
Les oiseaux dominent la faune des parcs urbains, des espèces familières comme les mésanges et les moineaux jusqu’aux rapaces et grands spécimens comme les faucons crécerelle ou les chouettes hulottes.
Nous y retrouvons aussi de nombreux petits mammifères et rongeurs comme les écureuils, les renards ou les hérissons.
Les zones humides accueillent quant à elles les amphibiens et les reptiles comme les grenouilles, les crapauds et les lézards, ainsi qu’une faune aquatique variée allant des canards aux poissons.
De plus, les insectes pollinisateurs (abeilles, bourdons, papillons…) assurent l’essentiel de l’activité écologique, aux côtés de la microfaune abondante cachée dans les sols et les bois morts.
Enfin, certains parcs abritent aussi des espèces domestiques ou exotiques au sein de fermes pédagogiques, de volières et de réserves zoologiques.
Savoir-faire biodiversité idverde
Quels sont les défis de la biodiversité urbaine ?
Malgré leur richesse écologique, les grands parcs urbains subissent de multiples pressions qui menacent leur biodiversité.
La fragmentation des habitats
L’urbanisation croissante et l’artificialisation des sols constituent la première menace pour la biodiversité des grands parcs urbains.
En France, plus de 20 000 hectares sont artificialisés chaque année sous l’effet de l’expansion urbaine, des infrastructures routières et des zones commerciales.
Ce processus transforme progressivement les parcs urbains en îlots de plus en plus isolés, fragmentant les habitats et rompant les corridors écologiques essentiels qui reliaient autrefois les différents réservoirs de biodiversité urbains.
Routes, parkings, bâtiments et infrastructures créent des barrières physiques qui entravent les déplacements de la faune indispensables à l’alimentation, à la reproduction ou à la recherche de refuges.
Peu à peu, les populations animales et végétales se retrouvent confinées dans des espaces restreints, subissant un isolement génétique qui affaiblit leur résilience face aux maladies, aux prédations et aux dérèglements climatiques.
À terme, ce phénomène entraîne une perte de biodiversité, et avec elle la capacité du parc à maintenir des écosystèmes équilibrés et fonctionnels.
Les pollutions urbaines
En plus de cet isolement physique, les parcs doivent composer avec un ensemble de pollutions urbaines susceptibles d’affaiblir la biodiversité au quotidien.
Issue du trafic et des activités humaines, la pollution atmosphérique affecte directement la biodiversité des parcs urbains.
Les particules fines, les composés organiques volatils, les métaux lourds et les autres polluants de l’air réduisent la croissance des arbres, diminuent la photosynthèse et la floraison et affaiblissent les défenses naturelles des plantes.
Ces polluants atteignent également les sols et les eaux, dégradent leur qualité et perturbent la faune et la flore qui s’y trouvent.
À ces pollutions chimiques s’ajoutent aussi les nuisances sonores et lumineuses, paraissant moins nocives, mais restant tout aussi déterminantes.
Concrètement, le bruit constant des villes dérègle les comportements de communication, de chasse et de reproduction des espèces, tandis que l’éclairage nocturne continu perturbe l’orientation des insectes et des mammifères ou encore la migration des oiseaux.
Ces contraintes environnementales altèrent progressivement le fonctionnement écologique des parcs, réduisant la diversité et la stabilité des espèces présentes.
Les pratiques de gestion et d’entretien non-écologiques
Au-delà des pressions externes, certaines pratiques de gestion et d’entretien inadaptées peuvent aussi nuire à la biodiversité des parcs urbains.
Par exemple, les tontes trop fréquentes et réalisées à ras transforment les pelouses en surfaces uniformes et pauvres, empêchant la floraison des plantes spontanées et privant insectes et petits mammifères de refuges et de ressources.
De même, l’arrachage systématique de la végétation spontanée parfois considérée à tort comme “mauvaise herbe” supprime des plantes indigènes parfaitement adaptées au milieu local, et essentielles à de nombreuses espèces.
La plantation d’espèces exotiques invasives et non adaptées au climat local accentue ces déséquilibres. En effet, ces dernières nécessitent souvent un entretien intensif tout en colonisant et en éliminant progressivement la flore indigène essentielle à la biodiversité.
L’imperméabilisation excessive des sols aggrave encore la situation en empêchant l’infiltration de l’eau, dégradant ainsi les habitats et fonctions écologiques du sol, indispensables pour de nombreux organismes.
Enfin, avant la loi Labbé (2017-2022), l’utilisation généralisée de produits phytosanitaires détruisait les organismes bénéfiques du sol, contaminait les chaînes alimentaires et éliminait les insectes auxiliaires indispensables à l’équilibre des écosystèmes.
Comment préserver la biodiversité des grands parcs urbains ?
Pour répondre à ces défis, plusieurs solutions concrètes et naturelles permettent de restaurer, de préserver et d’enrichir la biodiversité des grands parcs urbains.
Restaurer les continuités écologiques et reconnecter les habitats
Pour inverser la fragmentation des habitats et préserver la biodiversité des grands parcs urbains, la restauration des continuités écologiques est un levier stratégique essentiel.
Cette approche vise à reconnecter les différents milieux urbains et périurbains naturels et semi-naturels à travers le développement des trames verte, bleue, brune et noire.
La trame verte désigne les espaces terrestres comme les parcs urbains, les prairies et les forêts. Ces milieux sont reliés par des haies champêtres, des alignements d’arbres, des coulées vertes, des bosquets, des friches ou encore des écoducs, des murs et des toits végétalisés.
La trame bleue comprend les espaces aquatiques et humides comme les étangs, les mares, les lacs, ainsi que les corridors fluviaux et maritimes. Sa restauration passe par la renaturation de berges, la création de zones humides et la gestion naturelle des eaux pluviales.
La trame brune englobe les éléments vivants et non vivants du sol, garants de ses fonctions écologiques essentielles. Sa réhabilitation repose sur la désimperméabilisation, la décontamination, l’amélioration de l’infiltration, le paillage organique et la restauration de sa fertilité pour favoriser la vie souterraine.
La trame noire désigne les continuités écologiques nocturnes préservant l’obscurité indispensable aux espèces sensibles à la lumière. Elle vise à réduire les pollutions lumineuses et sonores par l’extinction nocturne de l’éclairage, la rénovation des luminaires et l’utilisation de végétaux.
Progressivement inscrits dans la loi française, ces outils d’aménagements urbains permettent aux espèces végétales et animales de circuler, de se réfugier, de s’alimenter et de se reproduire librement entre les différents réservoirs de biodiversité interconnectés.
Trame verte, trame bleue, trame noire : des éléments essentiels pour penser l’aménagement urbain