Pour de nombreuses collectivités, la végétalisation des espaces publics constitue aujourd’hui une priorité.
L’objectif est d’améliorer le cadre de vie urbain tout en résistant au changement climatique.
Les projets se multiplient donc pour réintroduire la nature au cœur des territoires.
Mais au-delà de la création, c’est bien la gestion durable et l’entretien de ces aménagements qui conditionnent leur pérennité.
Comment, alors, permettre l’équilibre entre volonté écologique et efficacité opérationnelle ?
Quelles solutions mettre en place pour éviter l’abandon progressif de ces espaces verts en ville ?
Les atouts de la végétalisation des espaces publics
La végétalisation des espaces publics joue désormais un rôle écologique et social majeur.
Des sondages récents montrent en effet que 80 % des habitants des villes moyennes considèrent la nature en ville comme un critère important.
Notamment lors des choix électoraux locaux1.
En effet, intégrer davantage de biodiversité et de verdure urbaine offre de multiples bénéfices concrets.
D’un point de vue environnemental, renaturer les places minéralisées et planter des arbres contribuent à créer des îlots de fraîcheur urbains, capables de diminuer localement la température de 3 à 4 °C lors des vagues de chaleur.
Ces espaces végétalisés participent ensuite à l’atténuation de l’effet d’îlot de chaleur en ville et au confort thermique des habitants.
Ils améliorent, de plus, la qualité de l’air en captant des polluants et du CO₂. Et favorisent enfin le bien-être et la santé mentale des citadins.
Sur le plan de la biodiversité urbaine, chaque mètre carré de verdure devient quant à lui un habitat potentiel pour la faune et la flore.
Un talus enherbé ou un massif fleuri dans un espace public peuvent abriter des insectes pollinisateurs, des oiseaux, voire permettre le retour de plantes sauvages locales.
L’adoption de techniques d’entretien douces peut également encourager le retour de certaines espèces remarquables.
Dans une résidence parisienne, la réduction de la fréquence de tonte a permis à des orchidées sauvages de pousser à nouveau sur des pelouses autrefois trop rases.
Ce type d’approche illustre la façon dont la gestion durable des espaces verts urbains peut recréer de la valeur écologique.
Enfin, végétaliser la ville, c’est aussi mieux gérer l’eau (sols perméables absorbant les pluies, limitation des ruissellements) et offrir aux habitants des lieux conviviaux propices à la détente.
Les collectivités qui optent pour la végétalisation urbaine répondent alors à une double exigence. Elles adaptent la ville au bouleversement climatique et améliorent, en même temps, la qualité de vie.
Du verdissement à l’abandon : comprendre les défis d’entretien
Malgré ces bénéfices incontestables, la végétalisation des espaces publics peut ne pas aboutir si l’on sous-estime la question de l’entretien.
Nombre de projets verts ambitieux ont connu un abandon progressif faute de soins réguliers, transformant des parterres prometteurs en friches en désordre.
Le premier écueil est souvent un manque d’anticipation.
Qui arrosera et taillera ces nouveaux arbustes plantés sur la place centrale ?
Quel budget et quelle équipe seront alloués à l’entretien des espaces verts créés ?
Sans réponse claire dès la conception, le risque est grand de voir dépérir des végétaux coûteusement installés.
L’exemple des arbres urbains est parlant.
Planter un arbre adulte en ville représente, il est vrai, un investissement significatif. Cependant, sans arrosage et sans soins durant ses premières années, un arbre a peu de chances de survivre.
Des études menées aux États-Unis indiquent que 30 à 40 % des arbres plantés dans une rue ne passent pas le cap des sept premières années, la plupart mourant même dès les deux premières années faute de suivi2.
En France aussi, on observe qu’un jeune arbre urbain nécessite un arrosage régulier les étés suivant sa plantation, sous peine de dépérir avant même d’avoir pu apporter de l’ombre.
Ce constat souligne qu’il ne suffit pas de planter. Sans entretien adapté, la végétalisation des espaces publics peut échouer. Et engendrer alors déception des riverains et gaspillage de ressources.
Par ailleurs, l’arrêt des pesticides chimiques dans les collectivités (obligation du « zéro phyto ») a engendré l’apparition de végétation spontanée sur les voiries et trottoirs.
Sans nouvelle stratégie d’entretien, cette flore spontanée peut donner une impression de laxisme ou d’espace laissé à l’abandon.
Le défi pour les gestionnaires est donc de maîtriser ces « mauvaises herbes » de manière écologique, sans retourner aux anciens réflexes (désherbants) ni mobiliser des moyens humains ingérables.
Il s’agit aussi de faire évoluer le regard du public.
Un trottoir sur lequel pousse un peu d’herbe n’est pas un signe de négligence. Il peut résulter d’un choix de gestion différenciée.
Communiquer sur la démarche évite alors que la végétalisation ne soit perçue comme de l’abandon.
Les clés d’un entretien efficace et durable
Face à ces défis, quelles bonnes pratiques permettent d’assurer un entretien efficace des aménagements paysagers urbains ? Il existe plusieurs axes complémentaires qui peuvent éviter aux collectivités d’abandonner leurs projets de végétalisation urbaine.