Face aux actuels défis environnementaux, écologiques et économiques, les municipalités réfléchissent à d’autres pratiques pour l’entretien des espaces verts.
Ainsi, les engins de tonte mécaniques laissent parfois leur place à des alternatives douces et respectueuses de la biodiversité. Soutenu dans cette démarche par des professionnels du paysagisme comme idverde, l’éco-pâturage fait son apparition dans les villes.
L’éco-pâturage s’intègre complètement dans la transition écologique actuelle. Il propose de recourir à une pratique ancestrale dans un contexte moderne, en alliant réduction de l’empreinte carbone, respect du vivant et sensibilisation de la population.
Plusieurs villes ont déjà adopté l’éco-pâturage pour entretenir des talus urbains ou des parcs de châteaux. Découvrez cette pratique innovante d’entretien des espaces verts municipaux, qu’est l’éco-pâturage. Quels sont ses avantages et ses limites ? Comment mettre en place un tel projet dans votre ville ?
Comprendre l’éco-pâturage
Qu’est-ce que l’éco-pâturage ?
L’éco-pâturage est une méthode d’entretien des espaces verts qui repose sur le pâturage des sols par des herbivores : moutons, chèvres, vaches, ânes ou chevaux. Il est généralement complété par d’autres moyens de tonte mécanisée : tondeuse, débroussailleuse …
L’éco-pâturage propose un entretien lent et continu, qui respecte les cycles naturels et qui favorise la biodiversité des espaces verts en question.
Contrairement au pâturage agricole, l’éco-pâturage est une solution mise en œuvre dans un paysage urbain, dans un objectif paysager et environnemental. Il n’y a pas d’idée d’élevage, comme c’est le cas pour la pratique agricole.
La race, la taille des animaux et leur nombre sont pensés spécifiquement pour l’entretien d’un espace vert en particulier. Il s’agit d’une gestion spécifique, qui tient compte de la zone à entretenir : espace sensible ou classé, terrain pentu, zone humide, sol pauvre. Choisir l’éco-pâturage, ce n’est donc pas seulement de remplacer un moyen de tonte par une version plus green. Nous parlons bien d‘une nouvelle pratique d’entretien pertinente et pérenne pour l’environnement.
Le développement de l’éco-pâturage comme moyen d’entretien des espaces verts
Le pâturage en milieu urbain est très récent et novateur. Cependant, il se base sur une pratique ancestrale. Pendant des siècles, les herbivores ont été les premiers “paysagistes” dans les campagnes et aux abords des villages. Lorsque la mécanisation ne faisait pas encore partie de notre quotidien, les animaux tenaient un rôle essentiel dans l’entretien des espaces verts.
La notion d’éco-pâturage est née avec la montée des préoccupations environnementales, dans les années 2000. Les collectivités en milieu urbain, à la recherche de solutions plus durables et respectueuses de la nature, ont testé l’éco-pâturage pour entretenir les espaces verts.
Les premières zones à avoir connu l’excellent travail des sabots des chèvres et des vaches ont été les talus routiers, les friches industrielles ou les parcs peu fréquentés. Puis, devant la réussite technique, l’enthousiasme des usagers et le soutien des associations environnementales, l’éco-pâturage s’est peu à peu généralisé.
Aujourd’hui, de nombreuses communes et établissements privés, notamment des sites classés, ont adopté l’éco-pâturage. Ils sont soutenus par les entreprises paysagères, motivées par la question écologique, comme idverde,, qui intègrent l’éco-pâturage à leur expertise en gestion des espaces verts urbains.
Quels sont les espaces concernés ?
L’éco-pâturage s’adapte à une grande variété de terrains. La flexibilité est d’ailleurs l’un des atouts de ce mode d’entretien.
Ainsi, l’éco-pâturage est possible dans différents types d’environnement :
- les zones difficiles d’accès : talus, berges de rivière, fossés, abords des voies ferrées ;
- les grands espaces en friche, les terrains en attente d’aménagement ;
- les sites sensibles : aéroports, stations d’épuration ;
- les sites classés : parcs de château, sites industriels classés ;
- les espaces publics : jardins partagés, zones naturelles en ville, parcs urbains.
L’éco-pâturage ne peut remplacer toutes les méthodes d’entretien des espaces verts. En revanche, il devient un vrai avantage dans les zones difficiles d’accès ou sensibles. L’éco-pâturage nécessite donc une stratégie globale, menée des professionnels spécialisés en entretien des espaces verts. Il faut le voir comme une expertise supplémentaire, intégrée à un ensemble de savoir-faire en matière d’entretien des espaces verts urbains.
Les bénéfices de l’éco-pâturage
L’éco-pâturage peut sembler être une méthode d’entretien paysager originale et bucolique. Certains sont même loin d’imaginer qu’il s’agit d’un moyen d’entretien des espaces verts municipaux, choisi et réfléchi. Pourtant, l’éco-pâturage combine de réels atouts, à la croisée des besoins techniques, écologiques et sociaux.
Les bénéfices environnementaux
Le bénéfice le plus évident de l’éco-pâturage est sa très faible empreinte carbone. La contribution des animaux dans l’entretien des espaces verts permet de réduire l’utilisation des engins à essence et donc les émissions de gaz à effet de serre. Cela correspond complètement à la volonté de décarboner les services municipaux des villes.
N’oublions pas le bruit, polluant important des villes. L’éco-pâturage apporte une certaine sérénité, fort appréciée des habitants.
Autre bénéfice majeur pour l’environnement : le respect de la biodiversité. Une tondeuse ou une débroussailleuse coupe toute la végétation de façon uniforme, en un temps très court. Les animaux, eux, assurent une coupe irrégulière, permettant aux différentes espèces végétales d’accomplir leur cycle de vie.
L’éco-pâturage soutient le développement de la faune et de la flore dans les espaces verts. Les fleurs ont le temps d’arriver à maturation, attirant ainsi les insectes pollinisateurs. C’est toute une vie qui reprend sur un terrain, lorsque l’éco-pâturage est mis en œuvre sur la durée.
L’éco-pâturage évite également l’utilisation de produits phytosanitaires sur les abords des routes ou dans les talus. C’est un moyen de préserver les nappes phréatiques et les écosystèmes fragiles.
Enfin, les déjections animales deviennent un amendement naturel qui nourrit la terre. Une nouvelle microfaune se crée, ce qui améliore encore la biodiversité du site.